Lendemain d’élections

Posté par le 07 mai 2012 | Dans : Non classé

Toujours faire un article à chaud, et tenter de deviner ce qui va se passer par la suite. Une chance sur deux de passer soit pour un crétin, soit pour un génie. J’aime bien l’idée…

 

François Hollande Président

 

Or donc, François Hollande à gagné, avec un écart finalement bien faible.

Les français ont choisi d’outrepasser son inexpérience, son incapacité à tenir ses troupes, et sa langue de bois pour le faire élire. Toutefois les réseaux sociaux hier ne trompaient pas sur cette « victoire ». Entre les « Casse toi pov’con », le générique de fin, et autres « Bon débarras », j’ai vu franchement fêter la défaite de Sarkozy, mais je n’ai relevé aucun enthousiasme envers la victoire de Hollande. On a entendu d’ailleurs un discours d’investiture d’un vide abyssal hier, d’une langue de bois absolue, promettant tout à tous sans rien annoncer de concret. Je ne pense pas que ce discours ait soulevé qui que ce soit.

Voici donc un président qui commence son mandat sans état de grâce, et qui va probablement arriver à la barre des 100 jours avec moins de 50% d’opinions favorables. Très enthousiasmant.

 

Mais au-delà de la victoire d’un programme mensonger, suicidaire pour le pays qui l’applique, c’est bien la victoire par vote sanction qui pose le plus problème. Car si pendant quelques semaines, certains se réjouiront encore de la défaite de Sarkozy, il faudra assumer notre nouveau président, dont on ne voulait pas vraiment, pendant 5 années entières.

Je ne vois aucune autre échappatoire à ce vote sanction qu’une désillusion profonde.

 

Cela commencera par des excuses.

Sur les autres pays d’Europe d’abord, qui refusent de se mettre d’accord sur un pacte de croissance ; ce qui se comprend parfaitement quand on sait que ce pacte consiste essentiellement à faire marcher la planche à billets et à faire garantir les dettes nouvellement créées par les pays les plus riches, la France et l’Allemagne en tête.

Puis viendra l’excuse des comptes publics, plus dégradés qu’on ne pensait, alors qu’on en sera précisément ou on s’attendait à être. Mais l’excuse consistant à rejeter la faute aux gouvernements précédents est toujours la plus simple.

Puis bien sur l’excuse de la croissance, qui n’est pas au rendez vous ; ce qui est plutôt normal vu qu’on a tablé sur 4 fois ce qu’on fait depuis 30 ans.

Ainsi, de ses belles promesses, il ne ressortira rien. Le risque, c’est de vouloir tenir quelques promesses malgré tout, et d’empirer les choses par idéologie en embauchant plus de fonctionnaires par exemple.

Je ne parle pas de la situation désastreuse dans laquelle les PME vont se trouver si on baisse leurs impôts en échange d’une hausse des charges sociales. Dans un bilan d’entreprise, les impôts et taxes ne pèsent pas lourd par rapport aux salaires et charges…

Au final, le PS ne tiendra pas plus d’un quinquennat, surtout si on prend en compte l’alliance qui a du être passée avec l’extrême gauche pour gagner. Il s’agit bien d’extrême, oui, et les extrêmes ne font pas tourner un pays.

 

Les forces en présence

La Présidentielle aura fait bouger les choses au niveau des partis.

L’extrême gauche s’est recentrée autour du parti de Mélenchon. Or, après avoir mis le PS au pilori durant des mois, le parti de gauche s’est rallié sans condition à Hollande, en appelant à voter contre Sarkozy, se faisant ainsi l’un des principaux artisans de la désillusion à venir. Toujours est il qu’appeler à voter sans conditions pour le PS, c’est en parfaite contradiction avec les propos tenus avant et après le scrutin. A force de ne rien représenter de précis, les votes siphonnés à l’extrême gauche de Poutou et Arthaud vont y repartir et le front de gauche va faire un flop.

Le PS a gagné. Toutefois, c’est à Hollande de tenir son parti face à ses dissensions internes. La dernière fois qu’il a eu à tenir le PS, ce dernier a terminé à deux doigts de l’explosion. Nous verrons donc si le pouvoir les rend plus sages.

Le Modem est mort. Encore un qui ne représente rien de précis. D’accord avec l’UMP sur tous les sujets économiques et sur une bonne partie des sujets de société, Bayrou a cherche à marquer le centre en appelant à voter contre la dérive droitière de la campagne de Sarkozy. Encore un génie qui a appelé a voter CONTRE quelqu’un plutôt que POUR un autre, et qui, ne représentant plus rien,  va pousser son propre électorat vers la désillusion et les extrêmes.

L’UMP va avoir fort à faire dans les mois qui viennent. La guerre annoncée par les médias nous propose trois belligérants : Fillon, Copé et Juppé. C’est taper à coté des vraies luttes internes à venir. Copé va sortir facilement vainqueur de ce trio, Fillon n’ayant sûrement pas l’ambition qu’on lui prête et Juppé datant d’un autre age. Toutefois, Copé devra par la suite ménager son aile droite (les populaires pro FN), et son aile centriste (les humanistes, les radicaux et les néo-centristes), agacés de la campagne qui s’achève. Toutefois, ils ont dans leur malheur la chance d’être coincés entre un centre mort (Morin a tué le nouveau centre et Bayrou à tué le Modem), et un FN qui ne triomphera pas avant 5 ans.

Car le FN nous refera du FN. Présent dans maintes triangulaires pour les législatives, il gagnera peut être un ou deux députés maximum, puis au mieux une mairie, ce qui lui conviendra parfaitement, ne sachant pas comment exercer le pouvoir. En revanche, son credo UMPS va repartir de plus belle durant 5 ans, pour permettre un gros score aux prochaines présidentielles, surfant sur la désillusion mise en place par les autres partis.

 

Les Législatives

Voila ou s’arrêtent mes paris. En principe, l’enchaînement Présidentielle Législatives garantit une majorité à l’exécutif nouvellement élu.

Toutefois, les législatives à venir annoncent un certain nombre de triangulaires PS, UMP, FN, puisqu’un candidat peut se maintenir au second tour si il possède 12.5% des voix.

Or, pour cette année, j’ignore totalement qui va être pénalisé par la présence du FN au second tour. L’UMP, qui voit une partie de son électorat se mêler traditionnellement au FN, ou le PS, vers qui les voix du front de gauche ne vont pas forcément quand le FN est dans le coin.

La présidentielle a été gagnée sur la base d’un rejet de Sarkozy. Mais maintenant qu’il est parti, sur quelle base comptent ils gagner les législatives ? Et les français accepteront ils de laisser au PS tous les pouvoirs ?

J’aurai en tous cas matière à écrire…

Présidentielle – Second Tour

Posté par le 03 mai 2012 | Dans : Non classé

 

Le débat d’entre deux tours est passé. Un débat âpre, rugueux, comme un match de boxe technique et usant. Aucun vainqueur ne ressortant vraiment, Hollande garde son avance. Il est donc bien parti pour gagner l’élection de Dimanche. Youpi-confettis.

Et pourtant, a-t-on jamais vu candidat plus inutile ?

J’en cherche, j’en cherche, des fans de Hollande, mais je n’en trouve pas… Je vois des pro Sarkozy, je vois des anti Sarkozy, mais voyez vous quelque part des fans de Hollande ? Moi non…

 

C’est un des problèmes de cette élection : personne ne vote pour Hollande… D’ailleurs, qui est dupe de ses promesses dans le vent ? Qui pense réellement qu’il va faire fléchir les grands de ce monde ? Qui peut croire qu’il incarne un changement quelconque ? Qui pense qu’il est vraiment de gauche ? En tous cas pas cette majorité de votants en blanc, en abstention, en extrêmes, qui vont se désespérer encore longtemps de la vie politique française…

Du coup, ce qui devra arriver arrivera immanquablement : les anti Sarkozy vont sans doute faire la fête la nuit du 6 et se coucher un sourire aux lèvres, mais ensuite ? Quel est le plan ? Quoi d’autre que 5 ans de rancœur et de désillusions ? Aucune échappatoire possible à l’aigreur des espoirs bafoués…

 

Car les beaux discours sur le respect et la culture by François Hollande sont certes mignons, mais les enjeux ne sont plus la depuis 30 ans. Il y a une crise la dehors, une vraie, le genre à ramener la Grèce 100 ans en arrière et l’Espagne en 1929. Il nous faut un président dynamique, qui sache nous défendre, pas un président qui se promet d’essayer de voir si il est possible d’envisager de négocier.

Et qu’on le veuille ou non, on est maintenant habitués à avoir un président qui mène la danse, qui réunit toute l’Europe un dimanche si besoin est, qui négocie jusqu’à 5h du matin pour ne pas remettre les décisions importantes à plus tard, qui annule systématiquement ses vacances, qui fait indéniablement partie des puissants de ce monde. Ne serait ce que par respect pour s’être autant cassé le cul pour le pays, je pense qu’il mérite bien un minimum de remerciements, et plus encore, bien des suffrages.

 

Du coup, le bien nommé Flamby va rapidement faire déchanter son électorat. L’immobilisme, dont on n’a absolument pas besoin ces temps ci, sera indéniablement de retour. On pense à son célèbre dynamisme, et attendez de voir l’effet yoyo de son régime Dukan, on ne parle même pas ici de son expérience…

 

Et quelle expérience : jamais participé à un conseil des ministres, jamais participé à un sommet européen, jamais approché un G20, jamais négocié avec les grands de ce monde… Le néant absolu.

Vous embaucheriez un chirurgien qui n’a jamais approché un bloc opératoire vous ?

 

Evoquons aussi ses soutiens : Mélenchon, qui lui a chié ouvertement dessus pendant 6 mois, ou les verts, qui n’ont jamais rien promis d’autre que des hausses de taxes ?

Et le petit dernier, Bayrou, pour ceux qui pensaient encore que voter Modem avait un sens… 10 ans de droite, des idées de droite, une carrière à droite, et un vote Hollande. Y a-t-il un minimum de logique chez ce gars la ?

Quant à ses ministres, attendons-les, sourire aux lèvres… Je me demande qui j’aime le plus : les éléphants du PS qui attendent un poste depuis 25 ans ? Les anciens Mitterrandiens qui refusent de mourir ? Les ex de SOS Racisme qui jurent ne pas avoir d’arrière pensée politique ? Manuel Valls qui partage toutes les idées de l’UMP ? Les amis de 30 ans de DSK qui cherchent à l’éviter comme la peste ? Montebourg et Pulvar qui jurent comprendre nos difficultés de fin de mois ? Ségolène Royal et sa bravitude ?

Hmm ça fait envie !

 

Du coup Hollande va gagner, alors même que personne ne souhaite sa victoire. (Ne confondez donc pas l’envie de voir perdre Sarkozy avec l’envie de voir gagner Hollande). Il est absolument couru d’avance que les agences de notation ne laisseront pas passer un programme économique aussi hors de propos, et la France entière va très rapidement déchanter.

 

Le Pen se frotte les mains, comme quoi tous ne déchanteront pas…

 

Cadeau bonus, un amusant rappel de maths de niveau 5e :

12 000 fonctionnaires coûtent 500 millions d’€uros par an.

On embauche en tout 60 000 fonctionnaires en 5 ans, soit 12 000 par an.

Pour François Hollande, 60 000 fonctionnaires coûtent dont 2.5 milliards d’€uros en 5 ans (500 millions x 5 = 2.5 milliards).

 

Oh dis donc Jamy ? C’est juste comme calcul ça ?

 

Précisons (imaginez la maquette qui sifflote) :

Année 1 : 12 000 fonctionnaires = 500 millions d’euros – Pas de souci.

Année 2 : 12 000 fonctionnaires de plus = 24 000 fonctionnaires au total = 1 milliard d’€uros.

Année 3 : 12 000 fonctionnaires de plus = 36 000 fonctionnaires au total = 1.5 milliards d’€uros.

Année 4 : 12 000 fonctionnaires de plus = 48 000 fonctionnaires au total = 2 milliards d’€uros.

Année 5 : 12 000 fonctionnaires de plus = 60 000 fonctionnaires au total = 2.5 milliards d’€uros.

 

Soit pour les 5 ans : 0.5 + 1 + 1.5 + 2 + 2.5 = 7.5 milliards d’€uros,

Et non pas 2.5 milliards d’€uros comme l’annonce François Hollande.

 

Et pour les 35 ans suivants, puisqu’un fonctionnaire reste à vie : 2.5 milliards (Salaire annuel de 60 000 fonctionnaires) x 35 ans = 87.5 milliards €uros, en ne considérant aucune augmentation de salaire.

 

Belle gestion, très belle gestion…

Ne votez pas trop vite…

Posté par le 15 avr 2012 | Dans : Non classé

François Hollande est pour le moment bien parti pour gagner les Présidentielles, de la même manière qu’il a gagné toutes ses élections d’aussi loin que je me souvienne d’ailleurs : un bon vieux vote sanction contre le pouvoir en place.

J’avais pronostiqué une victoire facile de Sarkozy à la base, tant Hollande à le charisme d’une huître, tant ses propositions sont creuses, et tant l’anti-sarkosyme primaire ne pouvait pas suffire. Je pensais surtout que les français au final n’accepteraient pas de confier leur destin à un type qui n’a jamais été ministre, qui a été président du Conseil Général de Corrèze (aujourd’hui le département le plus endetté de France), et qui a été le patron du PS sous le règne duquel le parti a été plusieurs fois au bord de l’explosion.

A titre de comparaison, Mélenchon, Bayrou et Royal ont tous été ministres, et Ségolène Royal gérait aussi une Région qui innovait sur de nombreux points. A ceux qui trouvaient que Ségolène n’avait pas les épaules, je me demande comment on en arrive à un François Hollande sauveur, mais passons.

Je n’avais pas pensé non plus que Sarkozy manquerait autant d’envie.

 

Toutefois, l’envie de virer Sarkozy est grande, et François Hollande semble être la solution toute trouvée. Enfin prenez 10 minutes quand même pour regarder son programme, et ce qui vous attend si vous le mettez au pouvoir :

Source : http://francoishollande.fr/les-60-engagements-du-projet/

 

Pour les points à noter, allons y :

 

Relancer la production, l’emploi et la croissance :

FH nous présente 5 pistes d’amélioration qui existent toutes déjà. La CDC s’occupe déjà de réinvestir les sommes déposées en Livret A dans des projets sociaux et écologiques, et OSEO cible particulièrement les PME.

Le Crédit d’Impôt Recherche qu’il veut faciliter est déjà utilisé à outrance par des entreprises qui ne recherchent rien de nouveau, mais qui calent la dedans tout ce qu’elles peuvent, de façon à récupérer des réductions d’impôt. C’est d’ailleurs l’un des moyens pour les entreprises les plus prospères de France d’esquiver l’impôt, mais le premier venu l’ignore généralement.

Quant aux taux d’impôt sur les sociétés, différents selon la taille de l’entreprise, c’est vieux comme le monde, et appliqué depuis des lustres. Pareil pour la distinction entre les profits réinvestis et distribués aux actionnaires, qui existe depuis des lustres.

Bref, des propositions grandiloquentes qui existent déjà, ça part bien…

 

Je veux défendre l’agriculture française et défendre la ruralité :

Parce que la ruralité était attendue comme un thème de campagne majeur, on en met un peu, et on recouvre de sauce langue de bois. En gros, on va tenter comme toujours de tirer la couverture de la PAC à nous, et on va négocier rudement avec l’Europe pour empêcher la concurrence de venir se mettre face à nos services publics. Rien de nouveau à part que c’est Hollande qui va négocier à la place de Sarkozy. On va voir si les blagounettes marchent mieux que les négociations âpres jusqu’au bout de la nuit.

On retrouve un certain nombre de propositions par la suite ou il se contente de nous dire qu’il va négocier avec nos partenaires en Europe, dans le G20, etc… Quand je vois qu’il s’est mis à genoux devant les verts qui font 2%, en signant un accord mirobolant avec eux, je m’inquiète pour sa capacité à défendre nos intérêts dans les sommets internationaux.

 

Je veux mettre les banques au service de l’économie :

Dommage de s’être fait griller pour la taxe sur les transactions financières, qu’il promet de proposer. Allez propose, faut l’imposer après, mais pour ça faut une carrure.

La suppression des stocks options va être contournée en 25 minutes dans toutes les entreprises de France. Quant a l’interdiction pour les banques françaises de travailler dans les paradis fiscaux, c’est encore plus grandiose : le monde entier va continuer mais les gentils français vont montrer l’exemple. On va voter pour être les idiots du village.

Et puis ce coup des produits financiers toxiques interdits, c’est le summum. On se croirait dans un livre de Bernard Werber, dans lequel on interdit aux cons et aux méchants de vouloir tout casser. Comme si dans les banques on faisait des réunions en lançant l’ordre du jour « Tiens si on lançait des produits pourris aujourd’hui ? Ah ouaais !»

Et puis il ne reste plus qu’à augmenter les taxes sur les bénéfices des banques, puisqu’on est absolument certains qu’elles n’augmenteront pas leurs tarifs aux particuliers pour se rattraper…

Bref, on peut taxer Mélenchon de populisme si on veut, mais qu’on n’oublie personne à la distribution s’il vous plait…

 

Le reste :

Je crois que vous avez saisi l’idée… Sur demande je commente chacune des propositions, mais l’idée n’est pas de vous perdre, alors autant aller directement à l’essentiel :

 

La suppression des niches fiscales – Les heures sup’ défiscalisées :

Parce que toutes ces belles propositions doivent trouver un financement, François Hollande propose la suppression des vilaines niches fiscales qui sont injustes et pis qu’on sait même pas pourquoi qu’elles existent. (Point 9).

Retenons en au moins une qui peut intéresser- la défiscalisation des heures supplémentaires :

A l’heure actuelle, les patrons ont le droit, sur les premières heures supplémentaires effectuées par les salariés, de bénéficier de cotisations sociales réduites. De leur coté, les salariés ont droit à des heures supplémentaires défiscalisées payées plus fortement que les heures normales.

On a beaucoup critiqué Nicolas Sarkozy sur son « travailler plus pour gagner plus », mais on se rend compte petit a petit que pour nos proches, nos amis, nos familles, ou nous-mêmes, nous profitons plus ou moins fortement de ces heures supplémentaires, et qu’effectivement, on travaille plus pour gagner plus.

En effet, le dispositif incite les patrons à verser, car ils peuvent moduler leur production selon les besoins pour des prix bien plus faibles qu’une nouvelle embauche ou que le recours à l’intérim. Tous ne jouent pas le jeu, mais pour ceux qui le font, l’avantage est de taille.

Quant aux salariés, je me demande ce qui se passera pour eux et leur budget quand du jour au lendemain le patron annoncera qu’il ne peut plus payer les heures supplémentaires. Certains devront travailler plus pour gagner moins, sous la pression des chômeurs dehors qui voudraient leur place, d’autres bloqueront à 35 heures, rentreront chez eux, et regarderont la Star Ac’ parce qu’ils ne gagneront plus assez pour se permettre des extras.

Alors ça coûte à l’état, mais quand une mesure profite à la fois au pouvoir d’achat des salariés, à la consommation, et à la compétitivité des entreprises, je vois mal l’intérêt de revenir dessus.

En tous cas, si vous profitez de ces heures supplémentaires défiscalisées, réfléchissez avant de voter.

N’oubliez pas non plus que la très grande majorité des patrons français ce n’est pas le CAC 40, mais des patrons de PME avec peu d’employés, qui tirent la gueule tous les mois pour trouver la trésorerie nécessaire à payer les salaires, et que les cotisations sociales et les impôts écrasent. On aime pester contre les grandes entreprises qui abusent de tout et qui filent des millions à leurs patrons, mais celles-ci sont assez rares au final. Les patrons normaux luttent ces temps ci, et revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires peut en mettre pas mal a terre. On reparlera après coup de l’effet bénéfique de la mesure sur le chômage.

 

La fusion des revenus du capital et du travail :

Vous aviez mal au cul au moment de payer la taxe foncière, parce que finalement être propriétaire ça coûte une fortune, préparez vous à voir l’avantage en nature conféré par votre bien immobilier taxé comme un revenu complémentaire.

Attendez vous aussi au grand retour des droits de succession.

 

La retraite à 60 ans :

OUI ! Enfin une vraie proposition !

Non je déconne, vous partez à 60 ans si vous avez commencé à 19 ans et cotisé 41 années complètes, sinon makache.

 

L’ouverture du droit au mariage et a l’adoption aux couples homosexuels :

Pourquoi mettre mariage et adoption sur le même niveau ?

Ils devrait pouvoir se marier depuis 30 ans déjà, à l’Eglise ou à la Mosquée d’ailleurs, histoire de confronter les messages et les actes dans les religions.

Mais à t’on déjà fait des études sur les enfants d’homosexuels pour savoir ce qu’ils risquent dans une société encore assez fermée comme la nôtre ? Est-ce pareil pour un enfant d’avoir deux papas ou deux mamans ? Cela n’engage pas qu’eux pour le coup…

 

Le contrat de génération :

Ca c’est parti pour marcher comme le Crédit Impôt Recherche ou la Loi sur le Handicap. On ne lance pas de nouveaux projets, mais on regarde ce qu’on à déjà et qu’on peut mettre dans le CIR. On n’embauche aucun nouvel handicapé mais on cherche dans des effectifs des gens un peu sourds ou abîmés pour atteindre les 6% légaux. Et la on n’embauchera pas de nouveaux jeunes mais on rattachera autant qu’on le peut des jeunes avec des seniors histoire de gratter des réductions d’impôts.

 

La tarification progressive de l’eau, du gaz, et de l’électricité :

On pense toujours qu’on est pauvres et que pour nous ça baissera, puis on se rend compte que pour le parti socialiste, on est riches. On est bêtes de bosser aussi… Puis vous n’avez qu’à pas être célibataires merde…

 

Sur la culture :

Je m’en tape, désolé… Si vous trouvez ses propositions bien, bah, c’est bien…

 

Sur le respect des contre pouvoirs de la République :

Attention à une chose : il n’y aura pas de contrepouvoir si Hollande passe. La Gauche a toutes les Régions ou peu s’en faut, le Sénat, sans aucun doute l’Assemblée Nationale vu que les élections suivent la présidentielle, et l’appui des syndicats. Ils auront le champ libre.

 

Plus de postes pour la Police et la Gendarmerie :

Inutile. C’est essentiellement dans la Justice qu’il manque du monde. Inutile d’arrêter plus de monde pour en juger un nombre toujours aussi réduit, mis à part que le sentiment d’impunité augmente.

 

La création d’une agence de notation européenne :

Parce que l’avis de 3 agences indépendantes ne nous plait pas, créons en un dépendante de nous, et faisons lui dire ce qu’on a envie d’entendre. Comme ça quand on aura été dégradés parce qu’on à un programme qui écrase encore un peu plus les classes moyennes, on pourra avoir une agence qui nous défend.

 

En conclusion :

Un programme très pauvre. On y retrouve des propositions qui existent déjà, des propositions sorties du congélateur, comme les emplois jeunes, et tout un tas de demi propositions à négocier avec le monde entier.  Le reste pue le mensonge à plein nez ; les déclarations d’intention qu’on n’arrivera pas à appliquer faute de moyens.

Finalement, les seules choses dont on peut être sur sont celles que l’on a pas envie d’entendre : les impôts vont augmenter pour les plus riches (et donc pour les classes moyennes, surtout les célibataires et les propriétaires), les heures supplémentaires défiscalisées vont passer à la trappe (courage patrons et petits salaires), et le travail va continuer à se déprécier face à l’assistanat.

Face à tout ça je m’interroge. Finalement, les crises successives ont ébranlé sauvagement les USA (on a tous en mémoire ces images de gens qui ont perdu leur maison), l’Italie, l’Espagne (25% de chômage), le Portugal, la Grèce (violemment), l’Islande, etc…

Est-ce que sous le règne de Sarko notre situation s’est réellement dégradée ? Le ressent on au quotidien ?

Je ne trouve pas.

Made In France

Posté par le 15 déc 2011 | Dans : Non classé

Il est à la mode le Made in France ces temps ci.

Commençons par rendre un bel hommage à François Bayrou qui a réussi à lancer un thème de campagne repris universellement en moins de deux jours… Pour un type dont la candidature paraissait être une blague il y a 6 mois, voila un joli coup politique.

Dans la même émission, il arrive aussi à lancer l’idée d’un gouvernement d’union nationale, que les sondages 20 Minutes de ce matin décrivent comme le gouvernement rêvé d’une grande majorité de français. Pas de bol pour lui, ce genre de gouvernement en France, ou le PS et l’UMP s’assassinent à la moindre broutille, est presque inimaginable ; la faute au trop grand pouvoir acquis par quelques Kévins, Sarkozy, Morano et Copé en tête, même si le PS ne manque pas non plus d’adolescents attardés (et torturés par leurs hormones).

 

Et le Made in France donc ! (Pas de bol, le « Produit en France » ne sonne pas assez bien pour devenir un slogan… C’est un peu de con de vanter notre patriotisme d’un coté pour parler rosbif de l’autre, mais passons). Voila quand même un thème d’union nationale semble t’il !

Tout le monde aime ! Des like par millions si l’idée rodait sur Facebook ! Quel enthousiasme !

Mais une petite minute ? Pourquoi ne le faisons nous pas ?

 

Pas tellement besoin de développer bien longtemps, ni même de vous laisser chercher : « C’est trop cher Maurice ! Quand j’arriverai à m’offrir du chauffage j’y penserai (et encore faudra t’il qu’on n’aie pas abandonné le nucléaire ni laissé la taxe carbone revenir, pour que je puisse me chauffer… Et puis il faudra aussi que le gaz et l’électricité arrêtent de prendre 5% tous les 6 mois…)

 

Et oui, trop cher ! Bon, passé le coté qualité et tout le toutim, on en revient…

On pourrait accuser les 35 heures, mais je crois qu’on leur a déjà tout mis sur le dos, y compris la défaite en finale contre les All Blacks et la calvitie de Copé (qui continue de se coiffer quand même… Beau geste…)

Je n’irai pas dans ce sens… En fait, parmi les dizaines de raisons qui font que c’est trop cher chez nous, j’en retiendrai une, majeure : les entreprises ont le même problème d’impôts que nous : plus elles sont petites, plus elles casquent, et plus elles sont grosses, plus la France est un paradis fiscal…

Malheureusement, le tissu économique français est essentiellement constitué de PME, qui produisent français pour le marché français, mais qui se débattent contre des coûts mirobolants, tant dans leurs charges patronales que dans leurs impôts. (Je baffe le premier qui me dit que Sarko a supprimé la taxe professionnelle…)

 

Du coté des charges patronales, pas d’échappatoire : il faudra un jour revoir en profondeur le système social, pour en revenir à une redistribution ciblée et efficace. A force de multiplier les lois dans ce qui est déjà un joyeux bordel, on multiplie les inepties, qui font que les aides vont à des trop riches, que d’autres ne voient rien venir, et que les travailleurs pauvres vivent plus mal que certains chômeurs. Il n’y a pas de solution facile à ce problème sinon une immense remise à plat du système de redistribution français. (Je voulais à la base faire un article expliquant pourquoi la TVA Sociale était vraiment une idée de merde, mais ça sera pour une prochaine fois…)

En revanche, du coté des impôts, il y a la des pistes d’amélioration faciles, dans la suppression des niches fiscales et l’application d’un barème d’impôts progressif regroupant un certain nombre de taxes existant actuellement (remplaçant notamment cette CET foireuse).

Et oui, pour consommer Français, commençons par nous permettre de le faire : aidons nos PME en taxant réellement les grosses entreprises du CAC 40 (qui ne produisent pas toutes chez nous d’ailleurs), et aidons les français à gagner en pouvoir d’achat en taxant de même les revenus selon un barème progressif regroupant l’ensemble du patrimoine, évitant enfin aux plus riches de payer moins lourdement les impôts que les classes moyennes.

Quand on aura revu ces points, je partagerai peut être cet enthousiasme sur le « Produit en France ». En attendant, je continue d’acheter chinois aussi longtemps que je ne peux pas faire autrement.

 

PS : pour ceux qui voudraient lancer la comparaison avec l’Allemagne : Oui, leurs chiffres économiques sont bien meilleurs que les nôtres : moins de chômage, un excédent commercial avec l’extérieur, de meilleurs taux d’intérêt, etc… Mais tout ceci à un coût : appauvrissement des classes moyennes, hausse du nombre de travailleurs pauvres, coupes dans les dépenses de sécurité sociale, gel des salaires, gel des retraites, etc… Ca fait peut être rêver Sarko, mais vivre dans un pays ou on travaille pour devenir plus pauvres, et ou on a transformé nos salariés en chinois, ça ne fait rêver personne… A défaut de consommer français, commençons déjà par éviter de consommer allemand, et si en matière économique on pouvait éviter de trop les copier, j’aimerais autant…

 

 

Demain on vote – Primaires PS

Posté par le 08 oct 2011 | Dans : Non classé

Voila. Le troisième débat des primaires socialistes est terminé. Faisons vite et bien pour savoir pour quoi on va voter. Comme toujours, allons du plus à gauche au plus à droite.

Avant de les présenter, il convient de noter que tous ont signé le programme commun du PS, qui reprend un certain nombre de propositions, parmi lesquelles on notera le retour de l’age légal de la retraite à 60 ans (mais apparemment sans revenir sur les 42 ans de cotisation), le retour de la police de proximité, et une grande réforme fiscale dont je pourrais parler des heures, calquée sur le modèle de Piketty. Pour faire très bref et ne pas vous endormir, il s’agirait de supprimer l’impôt sur le revenu et de baser l’impôt sur une CSG proportionnelle aux revenus (incluant salaire ET patrimoine). L’avantage premier de la réforme (parmi d’autres) est d’éviter la situation actuelle dans laquelle les classes moyennes sont plus fortement imposées que les classes supérieures.

(Pour les curieux, le reste du programme est la : http://www.parti-socialiste.fr/projet )

Puisque finalement ils gouverneront tous ensemble par la suite, autant s’attarder sur ce qui les différencie réellement, en laissant de coté les proposition non significatives.

Allons y, en tentant de faire court :

Arnaud Montebourg : Et oui, nono le bobo s’est bien avéré être le plus à gauche dans ces primaires, et ce bel accent bourgeois qu’il traîne ne l’a pas empêché d’affirmer son style. Lui qui avait tout à gagner est désormais le troisième homme, devant Ségolène Royal.

La recette est simple : jouer sur les peurs, multiplier les exagérations, tirer les cordes de l’affectif… Un populisme simple, presque invisible, mais efficace.

Point de vue idées, Montebourg se veut réformateur, en profondeur, du système financier mondial. Persuadé que la France peut, à elle seule, peser, il propose notamment une série de mesures protectionnistes, la mise sous tutelle des banques, et l’interdiction pour celles-ci de spéculer avec l’argent des épargnants. Le panorama est complété par une bonne vieille taxe sur les transactions financières.

Avec ses mesures protectionnistes (taxes, droits de douane, etc), et son encadrement du libre échange, il est le plus fervent défenseur, au PS, de la démondialisation, qui vise à encadrer les effets néfastes de l’ultra libéralisme.

Clin d’œil de l’histoire, il avait acquis son pseudo « Montebourde » en dépeignant Hollande comme le plus gros défaut de Ségolène Royal. Le voici aujourd’hui affublé d’Audrey Pulvar : bon courage !

Ségolène Royal : Voici Ségo nouveau modèle. Il faut bien lui reconnaître plus de niaque, plus de constance, plus de profondeur qu’en 2007, mais cette fois ci, il y a de la concurrence en face, ce qui l’a pratiquement empêché de faire son trou. On l’a vue effacée, mal à l’aise en direct, parfois perdue.

Elle se présente comme la candidate de la morale publique, bafouée par Sarkozy, et la tenante de la justice sociale. Toujours aussi clairvoyante sur le ressenti des français, elle propose une solution de fermeté sécuritaire tout en adoptant des positions proches de Montebourg sur les sujets de réforme des banques. Elle met un pied dans la rigueur en imposant des règles de bonne gestion de la sécurité sociale, sans pour autant aller trop loin.

Au final, sa position ne s’est que peu éclairée au cours des débats, ou elle a perdu beaucoup de temps de parole à montrer qu’elle avait mûri et qu’elle était une candidate prête à battre Sarkozy. Difficile dans ces conditions de s’illustrer. A défaut, Ségo à très ouvertement dragué les verts, promettant écologie et croissance verte à tout va. Pas sur que ça suffise. Elle a toutefois regagné une certaine légitimité dans ce débat, ce qui est déjà bon à prendre.

Martine Aubry : Une des prétendantes sérieuses à la victoire, Martine se présente, à juste titre, comme la générale en chef du PS, qui a su remettre son parti en ordre de bataille. C’est d’ailleurs son plus gros point fort à l’heure actuelle, couplé à une belle aisance en direct, qui nous assurerait une belle joute contre Sarko dans un débat d’entre deux tours. Une personnalité bien trempée qui rassure dans un PS à l’histoire mouvementée.

Son programme, détaillé de manière très complète au cours des débats, nous laisse toutefois un amer goût de déjà-vu. Emploi jeunes, re-fiscalisation des heures supplémentaires et suppression des niches fiscales, refonte de l’enseignement et priorité à l’emploi : on se croirait revenu au temps de Jospin. Malgré quelques innovations (eau et gaz à prix différent selon les revenus, blocage des loyers), elle nous laisse un sentiment de recyclage qui ne sied pas aux envies de changement des votants en période présidentielle.

Malgré une vraie carrure de présidente, elle a manqué d’ambition sur son programme, et manqué de marketing aussi, ce qui lui coûtera sans doute cher.

François Hollande : Il y a un an, quand je disais encore qu’il faisait une belle campagne propre, et que cela pourrait lui rapporter, je ne m’attendais pas à le voir caracoler en tête des sondages. Naturellement DSK est parti entre temps, mais Hollande a su faire deux choses essentielles. La première a été de mener une campagne politique et non polémique, respectueuse et sérieuse, et les français, lassés des querelles stériles, ont accroché. Les autres candidats ont finalement été obligés de suivre. La seconde a été de se présenter comme un candidat neuf, et c’est la le plus incroyable.

Je soupçonne tout de même, encore une fois, un fort soutien des journaux de droite, qui voient en lui le parfait successeur de Ségolène Royal, qu’on va faire passer pour un génie jusqu’aux primaires, puis pour un débile profond sans expérience jusqu’aux présidentielles. Voyez les titres qui viendront dans deux mois : « Une nouvelle bourde de Hollande » ou encore « Quand on ne sait pas tenir un parti comment tenir un pays ? ». De la chair à canon de premier choix.

Pour le coup, il est resté tout au long des débats au dessus de la mêlée, gérant son avantage sans créer de polémique. Coté présentation, il s’est montré volontaire et ferme, magnanime et clair. On aura noté toutefois une communication et des intonations très proches de celles de Sarko, qui a cette image de fermeté qui sied à la profession.

Pour le reste, les idées de Hollande n’ont pas plus d’aspect révolutionnaire que celles d’Aubry. Réforme fiscale, lutte contre les inégalités, bla bla habituel. Rien de particulier à part ces histoires d’embaucher 60 000 professeurs en 5 ans, ce qui laisse perplexe un peu tout le monde autour de lui.

Il ne s’est toutefois que peu risqué sur ce genre de propositions, se contentant de dire qu’il fallait gérer le peu d’argent qu’il restait, et qu’on ferait ce qu’on pourrait faire, avec ce qu’on a. Ce discours de bon sens a sonné clairement au milieu des billevesées habituelles et des prévisions de croissance irréelles qu’on nous propose chaque année. Pas de promesse, sinon celle de faire au mieux… Audacieux, mais efficace et rafraîchissant pour sur.

Jean Michel Baylet : Mon voisin a vu dans ces primaires une belle occasion de faire revivre son parti, souvent assimilé à une mouvance PS comme une autre. Pari réussi pour celui que personne ne connaissait, et qui à su présenter sa mouvance, tout en s’assurant de compter en cas de victoire.

Ses idées sont donc celles du radicalisme, qui s’organisent autour d’une grande croyance en l’Europe, ainsi qu’un attachement fort aux libertés fondamentales des citoyens. Au-delà d’un programme, il est venu présenter une philosophe pragmatique qu’il a étayée par quelques exemples, comme la légalisation du cannabis ou la mise en place d’un gouvernement fédéral européen.

Anciennement ministre, et probablement ministre dans mois qui viennent, il jouera le rôle du siphon à électeurs blasés dans l’élection de demain.

Manuel Valls : Et oui, c’est bien le plus à droite. Remarque il a compris une chose : tout le monde peut voter et c’est lui le seul candidat de droite ; alors il s’assure en théorie une bonne moitié des suffrages.

Jeune quadra énergique, maire d’une ville de banlieue parisienne, il se présente comme le candidat de la rigueur, qu’il saupoudre de moult propositions empruntées à l’UMP, comme la TVA sociale, l’abolition des 35 heures, un durcissement de la répression policière, et le désendettement en priorité absolue.

Il a su toutefois gagner son pari en grimpant dans les sondages, mais au bout d’un moment, on ne peut pas se contenter de faire des propositions de droite dans une primaire de gauche. Les erreurs de casting ne sont rarement tolérées longtemps, même celles qui n’avaient en tête au départ que de s’assurer un portefeuille de ministre.

Bref, les voici. Notez bien que vous votez pour le candidat qui devra battre Sarkozy, et que l’affaire ne sera pas aussi mince qu’on ne le pense.

Pour savoir ou vous avez le droit de voter c’est ici.

http://www.parti-socialiste.fr/projet

Participation obligatoire de 1€ minimum. Mais la je reprends la bonne phrase de Hollande : « Un Euro ce n’est pas cher pour se débarrasser de Sarkozy ». Et signature d’une charte d’adhésion aux valeur de la gauche de rigueur.

Pas de vote pour moi, toujours inscrit à Trappes. Tant pis. Ce sera à vous de choisir.

On va s’coucher !

Posté par le 25 sept 2011 | Dans : Non classé

Il n’est pas secret que j’ai été un fan des premiers jours de l’émission « On n’est pas couché » de Ruquier, programmée le samedi soir. Heureux au départ de voir enfin Michel Polac en action, j’ai découvert petit à petit Eric Zemmour, un de ces petits cons qui adorent dire ce qu’ils pensent, et qui vont défendre au-delà du Styx leurs idées, ou d’autres d’ailleurs, par pur plaisir d’argumenter, d’avoir raison, de débattre.

Oh oui je me suis identifié, et j’aurais adoré, maintes fois, être moi-même face à Zemmour, ou pour certains débats, a ses cotés. Puis Polac est parti, malade, et a été remplacé par Naulleau, une autre perle, percutant, drôle, honnête et sans détour.

L’émission allait alors devenir un phénomène de société, Zemmour et Naulleau être propulsées stars en quelques semaines. Pour la première fois depuis longtemps (à mon échelle, depuis toujours), une émission n’était pas aseptisée. Tout pouvait être dit, les langues de bois démontées, les artistes arrogants ramenés sur terre, les menteurs démasqués, les bien pensants forcés de débattre sur le fond. On voyait à ONPC le débat qu’on voulait mener, on y entendait les questions qu’on voulait poser, on s’y délectait de voir le vrai visage des invités. Bref, on avait la une émission unique en son genre, au concept ravageur point de vue Audimat.

Mais Ruquier a du trancher, entre vivre dans l’ombre de ses deux compères, et changer une équipe qui gagne. Ce bonhomme à l’air sympathique et plein de vie (hello), s’avère finalement incapable de partager l’affiche.

L’année 2012 avait pourtant tout pour être un feu d’artifice magnifique : des boules puantes à gogo, des invités politiques de première importance, des primaires PS, et bien sur, une élection présidentielle en période de crise.

Il fallait donc trouver deux chroniqueurs de remplacement faisant le poids après les Eric. Ruquier a choisi, ce seront deux demoiselles, dont on peut commencer à parler après 3 émissions.

- Audrey Pulvar : La star débarque ! Ex reine de l’info sur I Télé, elle avait été débarquée quelques mois plus tôt car on affirmait que sa relation avec Arnaud Montebourg l’empêcherait d’être objective. La revoici plus revancharde que jamais, bien décidée à prouver sa valeur et sa liberté de ton. De ce point de vue la, il semblerait que son requiem ultra bien-pensant contre Guerlain ait été particulièrement apprécié. (Ecoutable ici : http://www.youtube.com/watch?v=w6E2OzxFLLA ) Comment à t’on pu penser que remplacer un Eric par une parfaite bobo serait une bonne idée ? Je n’aurais sans doute jamais la réponse…

Toujours est il qu’après 3 émissions, l’appréciation est sans appel : morne, plate, ennuyeuse, elle s’illustre particulièrement pour poser aux politiques les questions les plus prévisibles qui soient, et s’offre une mention du jury pour sa capacité à offrir aux génies de la langue de bois des boulevards absolument magistraux (pour ne pas dire maréchaux). On tentera d’oublier son ton maniéré, son sourire niais inamovible, et ses interventions permanentes visant à montrer que oui, ce microcosme politique, elle en est !

Dommage. Elle ferait sans doute une grande présentatrice du 20h, chargée d’apporter l’information au plus grand nombre, mais ce n’est pas ce qu’on recherche dans cette émission ou l’on attend de dépasser tout cela. Une erreur de casting, définitivement.

- Natacha Polony : La branche « curiosité » des recrutements de l’été. Spécialisée dans l’Education, elle était sensée amener avec elle sa liberté de ton et son coté « réac » (toujours pas compris ce que cela signifiait d’ailleurs).

Indulgent au départ, parce qu’elle était visiblement intimidée par la caméra, j’ai attendu un peu avant de trancher mon avis. Elle avait effectivement une certaine liberté de ton, et assumait ses propres idées avec un entrain qui me plaisait bien ; jusqu’à hier.

Christophe Hondelatte était venu sur le plateau parler de son album, d’où est tiré le déjà hit single Dr House (c’est pas Mickey Mouse ! et Dr Wilson c’est pas un Pokémon !).

Par respect pour M. Djaadi, nous rappellerons le contexte : depuis deux mois, la sphère Internet, et ses armées de kévins et de moutons, s’était emparée de sa chanson et avait fait montre de toute sa capacité d’agressivité. Et comme toujours, les médias, effrayés d’être à la traîne par rapport au net, avaient repris aveuglément le credo en tapant à bras raccourcis sur Hondelatte.

Puis au début de l’émission, Ségolène Royal était interviewée par les deux demoiselles (je me retiens de ne pas dire pimbêches). Comme toujours depuis 3 semaines, il fallait compter sur les invités pour poser des questions intéressantes. En l’occurrence, un jeune écrivain très sur de lui avait réussi à mettre Ségolène dans l’embarras en usant d’un registre de langage qui imposait à la salle entière un temps de réflexion muet.

Hondelatte qui avait tenté une question sur la particularité d’affronter François Hollande, s’était fait vertement rabrouer par Ruquier et ses potes qui ne comptaient décidément pas rendre cette émission moins soporifique que Derrick.

C’est dans ce contexte que s’est déroulée l’interview, ou finalement Hondelatte n’a pas orienté les débats sur son disque, mais sur la démarche qui l’a poussé à le faire. A 48 ans, n’ayant plus rien à prouver en journalisme, il avait voulu réaliser un rêve de gosse. En réponse, il a eu le droit à une critique en règle des paroles de sa chanson.

Il s’agissait pourtant d’un cas particulier, et il aurait fallu y réfléchir. Hondelatte est arrivé blessé sur le plateau, sans doute las de deux mois de moqueries sur un travail pour lequel il s’était investi. Las d’expliquer qu’il faisait cela gratuitement, de sa poche, pour se faire plaisir, et sans autre prétention. Las d’expliquer qu’il s’agissait de son premier album et qu’il était conscient de sa perfectibilité.

La discussion aurait pu rester orientée sur la démarche, mais Polony et Pulvar s’étaient préparées à critiquer le disque lui-même, et elles n’en ont pas dévié, enrobant de mousse les chenilles de leur char d’assaut ; étouffant le bruit de la mise à mort d’Hondelatte, à bout de forces pour se défendre.

Hondelatte, sous sa teinte de mauvaise foi, avait pourtant raison sur deux points :

- Son travail était absolument gratuit, du début au téléchargement, et constituait une grosse prise de risque. Il n’était pas élégant de le traiter comme un chanteur lambda venu faire sa promotion pour honorer un contrat. Il aurait convenu de le traiter comme un journaliste qui a tenté quelque chose de différent.

- Les pimbêches ont effectivement une réputation à se faire après un mois d’accusations de mollesse, de fadeur, et de complaisance vis-à-vis des invités. C’est pourquoi Polony n’a pas pu retenir son bras hier soir, alors que, pour une fois, il aurait été élégant de garder pour elle sa critique, comme un chevalier aurait retenu son épée face à un adversaire à l’armure arrachée.

Hier soir on a vu des victimes s’acharner sur un souffre douleur. On a vu des matadors ruiner les espoirs d’un homme de donner ses explications. On a vu des faibles laisser en paix les forts et tirer sur une ambulance, et ce spectacle mettait mal à l’aise. Oh oui, ce spectacle m’a définitivement fait regretter Zemmour et Naulleau et leur envie d’en découdre avec les forts.

C’est dommage.

On aurait pu se remonter le moral avec les interventions du comique de service, mais Ruquier a malheureusement perdu Jonathan Lambert, remplacé par deux comiques de son autre émission, dont le talent caustique doit égaler celui d’un prof de maths moyen.

Et oui, il ne sera pas secret que le samedi soir maintenant, chez Nico, on va s’coucher.

Marine Le Pen en tête au premier tour

Posté par le 07 mar 2011 | Dans : Non classé

Un récent sondage donne Marine Le Pen en tête au premier tour de la présidentielle, devant Sarkozy et Aubry.

Commençons par un avertissement : il s’agit d’un sondage réalisé via internet, qu’on sait être le repère des Kévins, mais les médias l’ignorent encore. Toutefois, on retiendra comme probable l’idée d’une Marine Le Pen au second tour.

Les responsables : mais qu’est ce que c’est qu’cette merde ? 

Comme toujours, on entend chaque camp blâmer l’autre, avant de s’unir sur une idée formidable pour l’UMP et le PS : le vote utile. Pour autant, le blâme est plus général.

-         L’UMP mérite les premières baffes. Naturellement, à force de lancer des débats sur l’identité nationale et d’enchainer avec des statistiques sécuritaires ciblées sur certaines populations, on fait monter le FN. J’avoue ne pas très bien saisir vraiment pourquoi, mais je pense qu’on met simplement dans les mains de tout un chacun un débat trop complexe pour être mené sereinement par des piliers de bar, ce qui se termine par des lieux communs affligeants et un vote FN qui verdoie sur les pentes de la bêtise. Comme si cela ne suffisait pas, l’UMP à sorti la bombe atomique des débats foireux : la place de l’Islam en France, généralement mené dans des sphères assez intelligentes pour ne pas confondre les arabes, les musulmans, et les barbus. Quant on entend les médias traiter tous les pays arabes de la même manière, face à leurs révolutions, on se dit que pour le pékin moyen saisir les subtilités essentielles du débat n’est pas gagné. On peut aussi, pour faire court, noter leur politique antisociale depuis quelques années, qui reste marquée par des symboles forts comme le bouclier fiscal. Et puisqu’un con y va à fond, autant supprimer l’ISF qui limitait l’aspect injuste du bouclier en question…

-         Le PS est naturellement en tête des assassins de la politique. Voila bien 10 ans qu’ils n’ont rien proposé de concret, et que leurs commissions travaillent à des sujets qu’ils rendent un an après que la loi soit passée (on attend encore leur rapport sur les retraites tiens…). Pendant ce temps, les ténors du PS font plateau sur plateau pour critiquer les personnes, attaquer les ministres un par un, créer des polémiques futiles de toutes pièces (Moscovici est le champion la dessus). Pendant ce temps, pas une question politique, pas une proposition concrète, pas une seule idée de réforme… Quant un parti politique devient un parti polémique, il perd les élections… Rajoutez à cela un monstrueux calendrier des primaires socialistes, qui va mener les candidats les plus bêtes, Montebourg, Royal et Valls en tête, à s’assassiner entre eux jusqu’au début 2012, pour finalement offrir comme toujours le spectacle d’un parti en ruines, divisé au possible vis-à-vis du candidat officiel… Et on n’a pas encore élu officiellement DSK, président du FMI, dont les scores dont les sondages vont s’effondrer dès qu’il va commencer à parler… Pourtant, parler politique est clairement la solution : Hollande s’y est mis depuis 6 mois, et il fait son chemin…

-         Mélenchon était proche d’être utile, mais il s’enfonce petit à petit dans sa propre caricature… J’attends de voir s’il prend de la hauteur dans les mois à venir… L’extrême gauche s’est surestimée et va couler…

-         Les médias traditionnels sont exaspérants… Leur lutte contre internet les pousse de plus en plus à précipiter leurs publications, à suivre les mouvements de masse, à jouer le buzz, à encourager les polémiques les plus futiles et les plus vendeuses… On se retrouve avec des journaux TV et écrits qui palabrent sur des polémiques peu importantes, des querelles de personnes stériles, des débats de forme fumeux, du sensationnalisme (repris par 4 reportages hebdomadaires sur la violence et l’insécurité)… Pire encore, on note une bulle d’incompétence quand il s’agit d’interviewer Le Pen, qui les prend systématiquement sur son terrain de jeux… Les journalistes s’égarent dans la polémique, à tenter de recouper son discours pour y noter les contradictions, la ou il suffirait d’être parfaitement concret :

o       Si vous êtes au pouvoir demain, quelle est votre toute première mesure ?

o       Si vous être au pouvoir demain, quel gouvernement composez vous ? Quelle est l’expérience des ministres ? Quelle est leur parcours ? En quoi sont-ils légitimes pour gouverner le pays ?

-         Les lois anti révisionnistes et anti racistes sont néfastes. Elles n’empêchent personne d’être raciste, mais punissent certaines paroles prononcées. On tue le débat dans l’œuf en interdisant aux racistes de s’exprimer tout haut, mais rien ne les empêche derrière de voter Le Pen. Au contraire, attaquer systématiquement les personnes et les punir ne les fera pas changer d’avis, et le Fn continuera dans ses performances. Seul un débat de fond, d’ailleurs assez simple à mener, pourra permettre de démonter les arguments du FN sur tous les domaines. Dans le même état d’esprit, les associations anti racisme ont trop longtemps mal usé de leur pouvoir, en tentant d’imposer par la force de la loi une pensée unique, non raciste, et non antisémite. Malheureusement on n’impose pas l’intelligence de manière coercitive, mais on la construit. Il est plus simple de sanctionner les pensées racistes, mais aussi longtemps que le vote raciste sera autorisé, il sera inutile d’imposer une pensée par la force. Du reste, sous le couvert de ses lois, les associations anti racistes ont lancé des condamnations parfois injustes, reposant sur des procès d’intention évidents. Cela concourt à un sentiment de rejet à leur égard.

Finalement, Marine Le Pen n’a une responsabilité que très limitée dans ce qui se passe… Son discours est creux, ses prestations sont au mieux moyennes, et ses solutions sont inexistantes… Mais elle à le bon gout de résumer la situation à « Tous pourris ! », ce qui, en ce moment, est bien assez vrai pour être un argument valable. Dans un contexte porteur pour ses idées, sur fonds de débats foireux et de polémiques stériles, elle cartonne.

Les solutions alors ?  Elles sont tellement simples, qu’il est désolant de ne pas les voir appliquer…

-         L’UMP et le PS n’ont qu’à s’affronter sur des débats de fond, et des débats politiques, au lieu d’envenimer des querelles de personnes et des polémiques stériles. Si cela marchait autrefois pour être élu, c’est terminé. C’est devenu le petit jeu du FN, et à ce jeu la, Marine Le Pen est plus forte. Le PS va devoir, pour de bon, proposer des solutions, et l’UMP va devoir, de son coté, oublier ses positionnement idéologiques habituels pour mener une politique plus pragmatique et plus sociale. C’est peut être complexe, mais à la base, c’est quand même leur métier, et dans chaque métier, l’incompétence est sanctionnée.

-         Les médias doivent assumer leur rôle d’information. Plus de pragmatisme, plus d’information, moins de course au buzz, moins de polémiques stériles. Le sondage montre un certain ras le bol vis-à-vis de la politique actuelle. Il y a de l’audience à faire en menant des débats profonds, des analyses sérieuses, des études poussées, sur la politique elle-même. Ils doivent accepter de ne plus relayer la facilité des attaques de personnes et des polémiques foireuses. C’est un risque à prendre, mais à la veille des présidentielles, après 3 ans de Sarkozysme et d’élements de langage, il y a des places à prendre sur ce segment.

-         Les 4 grandes lois anti révisionnisme doivent être supprimées (négationnisme de la Shoah, racisme, traite des noirs et rôle positif de la France dans les colonies), ou être limitées aux sphères étatiques (et notamment à l’enseignement). Du coté médiatique, on se doit de se lancer dans des débats dans lesquels des spécialistes expliquent clairement pourquoi le racisme n’est pas une idéologie viable, en démontant jour après jour, sur la place publique, les arguments racistes qui pour le moment s’échangent un peu partout sans contradiction réelle. C’est par l’éducation qu’on combat le racisme, et non par des lois, surtout quand on cherche à imposer une pensée de manière coercitive, et qu’on laisse derrière le vote à bulletin secret.

Non elle ne passera pas, mais le message est clair. Si maintenant les politiques voulaient bien arrêter de jouer la présidentielle à quitte ou double en la laissant exploser, et si les médias voulaient bien laisser leur starlette à sa place, on pourrait peut être s’éviter un douloureux quinquennat de plus avec Sarkozy…

Manuel Valls est un crétin

Posté par le 04 jan 2011 | Dans : Non classé

En ce moment, Valls croit bon de s’illustrer en crachant sur les 35 heures instaurées quelques années plus tôt par son propre parti. Ces fameuses 35 heures, si pratiques, sur lesquelles le gouvernement a fait porter tous les déboires de la France depuis 10 ans. C’est à peu près aussi facile que de taper sur les fonctionnaires, c’est tout aussi pratique, et c’est au moins aussi con. En tous cas, à force de répétitions, on est arrivés à faire entrer dans la tête du pékin moyen que les 35h sont une mauvaise chose, sans trop en savoir plus…

Aujourd’hui, donc, le consensus se fait à droite sur l’aspect néfaste et destructeur des 35h sur la croissance française, et ce consensus est repris mollement mais surement par une bonne partie de la population française, sans trop savoir pourquoi d’ailleurs…

Refaisons rapidement l’histoire : Entre 1998 et 2000, deux lois Aubry sont votées par le gouvernement Jospin, qui portent à 35 heures la durée légale hebdomadaire de travail en France.

A la base, cette loi devait avoir 3 avantages :

-         Permettre une rationalisation des processus des entreprises, leur permettant d’augmenter leur productivité, ce qui a été réalisé. Aujourd’hui, les travailleurs français sont les plus productifs au monde.

-         Permettre le partage des tâches et l’embauche de personnels nouveaux. Cela n’a jamais pu être prouvé, et c’est un point important pour la suite.

-         Permettre aux salariés de profiter de leur vie personnelle, et cela, dans une société qui cherche à évoluer, n’est pas sensé avoir de prix. Toutefois, on parle plus de fainéants et de RTT que d’évolution personnelle et de vie associative, c’est vous dire le respect qu’on accorde au développement personnel en France, pourtant championne du monde de consommation d’antidépresseurs… Mais qui a besoin de travailleurs épanouis et heureux hein ?

Le deuxième point est tout de même central : les 35h devaient permettre l’embauche de nouveaux salariés. Or l’effet n’a été que peu perceptible, tout simplement parce que pour la majorité des entreprises, passer a 35h signifiait que les salariés devaient faire en 35h ce qu’ils faisaient autrefois en 39, et pour ceux qui n’y parvenaient pas, la négociation des heures supplémentaires payées ne coulait pas de source.

On n’oubliera pas les histoires de pause midi, comptées autrefois et plus maintenant, ou les histoires de gel de salaire pendant 5 ans en échange de RTT. On se rappellera du Baron Seillière acceptant du jour au lendemain cette loi qu’il décriait tant, en tant que patron du Medef.

Finalement, les premiers à y perdre furent les salariés, dont le stress à augmenté, dont le salaire a stagné, et dont le temps de travail réel n’a jamais vraiment baissé. (J’ai lu l’autre jour que le temps de travail français, 38h par semaine, était supérieur au temps de travail moyen de l’UE de 37h).

Voila pour le temps déclaré, mais le temps réel ? En connaissez vous qui, à la base, collaient à leurs 35 heures ? En connaissez vous qui font de but en blanc leurs horaires strictes ?

Si oui, interrogez-les sur le pourquoi… Vous vous rendrez vite compte que l’application stricte des 35h est avant tout une réaction à ce qui nous entoure…

L’inflation ne nous a pas épargnée depuis les années 2000, et l’étiolement du pouvoir d’achat, au niveau du logement et des produits de première nécessité surtout, s’est fait vilainement ressentir… Les augmentations de salaire en revanche, n’ont pas fait écho par leur importance…

De même, les années 2000 ont été celles de toutes les folies financières, de l’explosion des bénéfices versés aux actionnaires face aux maigres augmentations des salaires… C’est la décennie durant laquelle 80% des richesses crées par les entreprises sont allées à 5% des acteurs… C’est la décennie qui s’est terminée par la fameuse crise, celle des banques folles, que doit maintenant payer les ménages…

C’est aussi la décennie des mensonges, des promesses faites et non tenues, qui s’est terminée en apothéose avec Sarkozy et son « travailler plus pour gagner plus », probablement la plus grosse escroquerie politique depuis 2000.

Au final, travailler plus ne rapporte pas plus… Travailler plus fait gagner l’entreprise, mais lorsque cette dernière y gagne, le salarié lui, n’y gagne pas… La valeur ajoutée n’est pas partagée avec lui, les actionnaires ne cherchent pas à les remotiver, les managers ne déclarent pas forcément l’ensemble des heures travaillées, faisant des heures supplémentaires un grief contre le salarié qui devrait savoir s’organiser plus efficacement…

Travailler plus c’est faire un cadeau à l’entreprise, cadeau que certains quasi-retraités acceptent en souvenir du temps ou l’entreprise partageait sa valeur ajoutée et offrait des perspectives d’évolution, ou cadeau que certains jeunes décérébrés d’Ecole de Commerce consentent après qu’on les ait transformés en victimes noyées dans la fameuse « conscience professionnelle ».

Soyons clairs : la conscience professionnelle n’existe plus. Pourquoi d’ailleurs aurait-on une conscience envers une entité qui n’en n’a pas pour nous ? Pourquoi devrait-on se sacrifier pour des entreprises qui nous sacrifient déjà très bien toutes seules ? Pourquoi devrait-on donner gratuitement ce qu’une entreprise peut se permettre de payer ?

Pour aucune raison logique… Après un temps, il apparait que la plus élémentaire des résistances est de coller à ses 35 heures…

Après cela on peut comprendre pourquoi Manuel Valls est un crétin… Il voit dans les 35h la cause de problèmes économiques alors qu’elles n’ont sont que le reflet… La vraie cause est plus profonde, plus injuste, plus cruelle, et plus simple : notre monde est devenu fou, sur-rationnel, déséquilibré, injuste et cynique…

Et paradoxalement, c’est ce monde qui à crée lui-même cette armée de salariés rationnels et calculateurs, qui comprennent qu’ils ne reçoivent pas ce qu’ils méritent, et qui s’adaptent comme ils le peuvent, surtout quand on les traite de fainéants sans comprendre la nature de leur dégout.

Bonne nouvelle : faire 35h c’est aussi avoir plus de temps libre pour quitter ce monde de brutes et se concentrer sur l’essentiel : soi-même, sa famille, et les autres, dans l’ordre que chacun préfère…

Alors repassez à 39h, à 45h, à 60 heures… Cela ne changera rien : la productivité baissera linéairement et vos salariés seront de plus en plus neurasthéniques… En revanche, tentez les 35 heures avec un partage juste des richesses crées par l’entreprise, et peaufinez le management pour respecter un peu plus vos salariés, vous ne le regretterez pas…