Lendemain d’élections
Posté par lordmahammer le 07 mai 2012 | Dans : Non classé
Toujours faire un article à chaud, et tenter de deviner ce qui va se passer par la suite. Une chance sur deux de passer soit pour un crétin, soit pour un génie. J’aime bien l’idée…
François Hollande Président
Or donc, François Hollande à gagné, avec un écart finalement bien faible.
Les français ont choisi d’outrepasser son inexpérience, son incapacité à tenir ses troupes, et sa langue de bois pour le faire élire. Toutefois les réseaux sociaux hier ne trompaient pas sur cette « victoire ». Entre les « Casse toi pov’con », le générique de fin, et autres « Bon débarras », j’ai vu franchement fêter la défaite de Sarkozy, mais je n’ai relevé aucun enthousiasme envers la victoire de Hollande. On a entendu d’ailleurs un discours d’investiture d’un vide abyssal hier, d’une langue de bois absolue, promettant tout à tous sans rien annoncer de concret. Je ne pense pas que ce discours ait soulevé qui que ce soit.
Voici donc un président qui commence son mandat sans état de grâce, et qui va probablement arriver à la barre des 100 jours avec moins de 50% d’opinions favorables. Très enthousiasmant.
Mais au-delà de la victoire d’un programme mensonger, suicidaire pour le pays qui l’applique, c’est bien la victoire par vote sanction qui pose le plus problème. Car si pendant quelques semaines, certains se réjouiront encore de la défaite de Sarkozy, il faudra assumer notre nouveau président, dont on ne voulait pas vraiment, pendant 5 années entières.
Je ne vois aucune autre échappatoire à ce vote sanction qu’une désillusion profonde.
Cela commencera par des excuses.
Sur les autres pays d’Europe d’abord, qui refusent de se mettre d’accord sur un pacte de croissance ; ce qui se comprend parfaitement quand on sait que ce pacte consiste essentiellement à faire marcher la planche à billets et à faire garantir les dettes nouvellement créées par les pays les plus riches, la France et l’Allemagne en tête.
Puis viendra l’excuse des comptes publics, plus dégradés qu’on ne pensait, alors qu’on en sera précisément ou on s’attendait à être. Mais l’excuse consistant à rejeter la faute aux gouvernements précédents est toujours la plus simple.
Puis bien sur l’excuse de la croissance, qui n’est pas au rendez vous ; ce qui est plutôt normal vu qu’on a tablé sur 4 fois ce qu’on fait depuis 30 ans.
Ainsi, de ses belles promesses, il ne ressortira rien. Le risque, c’est de vouloir tenir quelques promesses malgré tout, et d’empirer les choses par idéologie en embauchant plus de fonctionnaires par exemple.
Je ne parle pas de la situation désastreuse dans laquelle les PME vont se trouver si on baisse leurs impôts en échange d’une hausse des charges sociales. Dans un bilan d’entreprise, les impôts et taxes ne pèsent pas lourd par rapport aux salaires et charges…
Au final, le PS ne tiendra pas plus d’un quinquennat, surtout si on prend en compte l’alliance qui a du être passée avec l’extrême gauche pour gagner. Il s’agit bien d’extrême, oui, et les extrêmes ne font pas tourner un pays.
Les forces en présence
La Présidentielle aura fait bouger les choses au niveau des partis.
L’extrême gauche s’est recentrée autour du parti de Mélenchon. Or, après avoir mis le PS au pilori durant des mois, le parti de gauche s’est rallié sans condition à Hollande, en appelant à voter contre Sarkozy, se faisant ainsi l’un des principaux artisans de la désillusion à venir. Toujours est il qu’appeler à voter sans conditions pour le PS, c’est en parfaite contradiction avec les propos tenus avant et après le scrutin. A force de ne rien représenter de précis, les votes siphonnés à l’extrême gauche de Poutou et Arthaud vont y repartir et le front de gauche va faire un flop.
Le PS a gagné. Toutefois, c’est à Hollande de tenir son parti face à ses dissensions internes. La dernière fois qu’il a eu à tenir le PS, ce dernier a terminé à deux doigts de l’explosion. Nous verrons donc si le pouvoir les rend plus sages.
Le Modem est mort. Encore un qui ne représente rien de précis. D’accord avec l’UMP sur tous les sujets économiques et sur une bonne partie des sujets de société, Bayrou a cherche à marquer le centre en appelant à voter contre la dérive droitière de la campagne de Sarkozy. Encore un génie qui a appelé a voter CONTRE quelqu’un plutôt que POUR un autre, et qui, ne représentant plus rien, va pousser son propre électorat vers la désillusion et les extrêmes.
L’UMP va avoir fort à faire dans les mois qui viennent. La guerre annoncée par les médias nous propose trois belligérants : Fillon, Copé et Juppé. C’est taper à coté des vraies luttes internes à venir. Copé va sortir facilement vainqueur de ce trio, Fillon n’ayant sûrement pas l’ambition qu’on lui prête et Juppé datant d’un autre age. Toutefois, Copé devra par la suite ménager son aile droite (les populaires pro FN), et son aile centriste (les humanistes, les radicaux et les néo-centristes), agacés de la campagne qui s’achève. Toutefois, ils ont dans leur malheur la chance d’être coincés entre un centre mort (Morin a tué le nouveau centre et Bayrou à tué le Modem), et un FN qui ne triomphera pas avant 5 ans.
Car le FN nous refera du FN. Présent dans maintes triangulaires pour les législatives, il gagnera peut être un ou deux députés maximum, puis au mieux une mairie, ce qui lui conviendra parfaitement, ne sachant pas comment exercer le pouvoir. En revanche, son credo UMPS va repartir de plus belle durant 5 ans, pour permettre un gros score aux prochaines présidentielles, surfant sur la désillusion mise en place par les autres partis.
Les Législatives
Voila ou s’arrêtent mes paris. En principe, l’enchaînement Présidentielle Législatives garantit une majorité à l’exécutif nouvellement élu.
Toutefois, les législatives à venir annoncent un certain nombre de triangulaires PS, UMP, FN, puisqu’un candidat peut se maintenir au second tour si il possède 12.5% des voix.
Or, pour cette année, j’ignore totalement qui va être pénalisé par la présence du FN au second tour. L’UMP, qui voit une partie de son électorat se mêler traditionnellement au FN, ou le PS, vers qui les voix du front de gauche ne vont pas forcément quand le FN est dans le coin.
La présidentielle a été gagnée sur la base d’un rejet de Sarkozy. Mais maintenant qu’il est parti, sur quelle base comptent ils gagner les législatives ? Et les français accepteront ils de laisser au PS tous les pouvoirs ?
J’aurai en tous cas matière à écrire…



