Erreur commune

Créé par le 15 jan 2014 | Dans : Non classé

Une bonne fois pour toutes, je ne veux plus entendre dire que les charges patronales sont payées par les patrons. C’est un tour de passe-passe grossier qui marche à merveille depuis des décennies. Si j’osais, je dirais même que l’incompréhension autour du concept nous évite une révolte violente, voire une révolution. Jugez par vous-mêmes.

 

Je ferai court et simple.

Mieux qu’un long discours, prenons un exemple facile.

Je précise que les chiffres que je prends ne sont pas parfaitement exacts, mais pour les salaires habituels en France, les ordres de grandeur sont les bons. Je ne justifierai donc pas chaque taux, pour éviter de faire un article lourd.

 

Allons-y :

Si vous touchez 2000 € brut, vous empocherez environ 1500 € net, une fois déduites, pour environ 500 €, vos cotisations sociales salariales (Retraite, Chômage, Sécurité Sociale). Ce concept de passage du brut au net vous est sans doute familier depuis votre tout premier bulletin de salaire.

De son côté, le patron qui débourse 2000 € brut pour votre salaire se verra réclamer environ 1000 € de cotisations sociales patronales (Retraite, Chômage, Sécurité Sociale) et taxes assises sur les salaires (Taxe d’Apprentissage, Effort de Construction, Formation Professionnelle Continue…).

 

Résultat :

Le patron débourse, pour votre travail, 3000 €uros (2000 € brut + 1000 € de charges sociales patronales).

Vous encaissez 1500 € net (2000 € brut – 500 € de charges sociales salariales).

L’Etat encaisse 1500 € en tout (500 € de charges sociales salariales + 1000 € de charges sociales patronales).

 

Je vous laisse relire le résultat une seconde fois si besoin.

Le résultat est bel et bien le suivant : l’Etat gagne autant que vous, pour votre travail.

 

 

Le patron ne paie pas ces charges patronales, contrairement à ce qu’on pense habituellement.

Pour le patron, un salarié coute un salaire net + des charges sociales (on appelle ce coût complet du salarié le « super brut »). Peu lui importe si toutes ces charges sont patronales, ou toutes ces charges sont salariales, ou si on a un mix des deux, comme en France. Au final, cela ne change absolument rien.

Un patron embauche si les avantages que cela lui procure dépassent les coûts. Pour notre exemple, si le salarié coute en tout 3000 € par mois, il doit rapporter plus que 3000 €uros. Ce n’est pas plus compliqué que cela, et parler de charges sociales patronales, ou charges sociales salariales, n’a absolument aucun intérêt. C’est un tour de passe-passe qui vise à embrouiller le débat pour laisser penser que le patron paie une partie des charges sociales. C’est un mensonge d’Etat gigantesque.

Que les cotisations soient salariales ou patronales, ou quoi qu’il se passe, un salarié coute un salaire net qui va dans sa poche et des charges qui vont dans celles de l’état. Point barre.

 

Dans notre exemple, l’abus de langage se traduit ainsi :

Nous avons actuellement un mix, avec une partie de charges sociales salariales et une partie de charges sociales patronales.

Maintenant, changeons les lois et faisons en sorte que toutes les cotisations sociales soient salariales. Cela semble vache, mais au final, voici ce qu’il se passe : le patron déboursera 3000 € brut et n’aura pas un sou de plus a débourser en cotisations sociales patronales. Le salarié, lui paiera seul 1500 € de cotisations salariales, pour empocher 1500 € net. Dans ce cas, ou toutes les cotisations sont payées par le salarié, le patron débourse 3000 €, le salarié empoche 1500 €, et l’Etat encaisse 1500 €. Cela revient donc exactement au même que pour la situation actuelle.

Continuons, avec un cas ou les cotisations sociales sont uniquement patronales. Dans ce cas, le patron débourse 1500 € brut pour le salarié, qui touche 1500 € net, puisqu’il ne débourse aucune charge sociale salariale. De son coté, le patron devra payer 1500 € de charges sociales patronales. Le patron déboursera donc 3000 € (1500 brut + 1500 charges). Encore une fois, et comme dans tous les cas de figure, le salarié empochera 1500 € et l’Etat encaissera 1500 €.

Parler de charges sociales salariales ou patronales n’a donc aucun sens. Le but est uniquement de détourner l’attention sur ce que prélève l’Etat.

 

Alors qui paie les charges sociales ?

C’est bel et bien le salarié qui paye l’intégralité des charges sociales.

Le patron raisonne en super brut. S’il embauche un salarié, c’est qu’il est prêt à payer le salaire net du salarié, ainsi que ses charges sociales, parce qu’il en attend du bénéfice. Il embauche le salarié parce que ce dernier rapporte plus qu’il ne coûte.

En revanche, si les charges augmentent, le coût du salarié augmente. Dans ce cas, c’est encore le salarié, et non le patron, qui est pénalisé en premier lieu, sous deux formes possibles :

-          Le patron va chercher à payer moins cher ses salariés. Le net arrivant dans leur poche va baisser et ils perdront du pouvoir d’achat.

-          Le patron va renoncer à embaucher car le salarié coûte trop cher par rapport à ce qu’il rapporte.

 

En France, les salaires ne peuvent pas être revus à la baisse indéfiniment. A un moment, le salaire minimum (SMIC) est atteint. Du coup, il ne reste plus au patron qu’à refuser d’embaucher, car même au salaire minimum légal, certaines embauches ne sont pas rentables.

Cela explique le chômage massif en France.

(Quand je dis que le patron ne paie pas, ce n’est pas vrai. Il est pénalisé, en termes d’organisation, en ne pouvant embaucher quand il en aurait besoin, mais je ne creuse pas ce gros sujet).

 

Mais ce n’est pas tout – enfonçons le clou :

Repartons des résultats de l’exemple : 3000 €uros sortent de la poche du patron, 1500 vont dans celles du salarié, et 1500 vont dans celles de l’Etat.

Sur ces 1500 €uros qui vont finalement dans votre poche, vous devrez payer un impôt sur le revenu, la taxe d’habitation, la taxe foncière, la TVA, la TIPP, les taxes sur le tabac, sur l’alcool, sur le Nutella, et toutes ces taxes que le génie fiscal français nous invente au quotidien…

Douloureux pour le salarié, mais le patron a aussi ses soucis. Avant même de savoir s’il fera un bénéfice ou non, il devra payer sa CFE, sa CVAE, sa C3S, ses taxes spécifiques, etc. Et si malgré tout cela il arrive encore à faire du bénéfice, il devra payer un impôt sur celui-ci.

Du coup nous avons une situation ou des salariés qui coutent extrêmement cher à l’entreprise terminent avec un pouvoir d’achat ridiculement faible. La démotivation générale et les spirales de l’échec ne sont jamais très loin.

Entre les deux, nous avons un Etat qui se gave monstrueusement, et qui laisse sciemment s’opposer patrons et salariés sans se mettre en avant. Si les salariés connaissaient cet état de fait, la révolte contre les gaspillages d’argent public et les dépenses somptuaires serait nettement plus violente qu’aujourd’hui.

Si vous rajoutez à cela un droit social extrêmement complexe qui rend très compliqué les embauches et les licenciements vous comprendrez en grande partie pourquoi la France coule.

 

 

J’en profite en 5 lignes pour tordre le cou à une autre croyance séculaire : « C’est l’Etat qui paie ».

L’Etat n’a pas d’argent hormis celui qu’il nous prend. Si l’Etat ou une collectivité territoriale « paye » ou subventionne, il ne fait que déshabiller Pierre pour habiller Jacques. Il prend l’argent dans les poches de l’un pour le donner à un autre, en en prélevant une partie pour son fonctionnement.

Mais comme le disait Thatcher : « Le Socialisme fonctionne jusqu’à ce que l’argent des autres vienne à manquer… »

 

Sujets occultés cette semaine…

Créé par le 12 jan 2014 | Dans : Non classé

La semaine a été riche en sujets de merde, et comme toujours, on s’est concentrés sur les sujets vraiment pourris, jusqu’au bout. Au moment où le chômage repart à la hausse, et les taux d’intérêts à 10 ans se tendent, on détourne l’attention sur Dieudonné. Quand cette grande bouffonnerie se traduit en échec pour Valls, et qu’il ampute la liberté d’expression pour s’en sortir, on se lance sur des histoires de coucheries de Hollande. Pitoyable.

 

Reprenons :
L’impôt quenelle

Petit fait occulté par l’affaire Dieudonné : un impôt venu de nulle part. Tous ceux qui ont une mutuelle groupe dans le cadre de leur entreprise savent qu’ils en paient une partie, et qu’une autre partie est payée par l’entreprise. Pour le moment, nous le dirons comme cela.

Et bien cette part payée par le patron est désormais considérée comme un avantage en nature imposable. Votre salaire net imposable comprendra désormais votre net imposable habituel (Salaire Net + Avantages en Nature + CSG non déductible) et cette Part Patronale Mutuelle. Vous allez donc payer un impôt sur une somme dont vous ne voyez même pas la couleur.

Sans que rien d’autre n’ait changé par rapport à l’année dernière, vous allez déclarer un net imposable beaucoup plus important, puisqu’il comporte désormais la part patronale de votre mutuelle. Votre net imposable va donc augmenter de quelques 700 €uros, et votre impôt de quelque chose comme 100 ou 150 €uros, voire plus pour certains.

Juste comme ça.

Je rajoute, pour être complet, que vous ne choisissez pas votre mutuelle d’entreprise, vous la subissez. Je rajoute aussi que la loi du 14 juin 2013 rend obligatoire les mutuelles groupe dans toutes les entreprises à compter du 1er janvier 2016. Vous en déduirez donc que ce nouvel impôt touchera, dès 2016, 100% des salariés.

Cerise sur le gâteau, cette loi, validée par le Conseil Constitutionnel le 29 décembre 2013, est rétroactive et affectera les revenus touchés en 2013.

Le sujet mérite vraiment d’être abordé, je pense.

 

La dérive de Valls

Overdose de Dieudonné pour moi aussi, donc j’irai rapidement à la conclusion.

Avant les procès d’intention, je précise que je ne défends pas Dieudonné (je ne le connais pas personnellement), je ne défends pas ses propos (je pense qu’ils ont un fond antisémite) mais je défends son droit à les exprimer librement.

 

J’ai donc lu pour vous, plusieurs fois, la décision du Conseil d’Etat concernant son spectacle à Nantes. (A lire ici, et notamment les points 5 et 6 :  http://www.chronculture.com/index.php/fr/accueil/7-actualite-et-information/2163-ordonnance-du-conseil-detat )

A savoir : C’est le pouvoir Exécutif (Intérieur, Préfets…) qui juge si une réunion risque de générer un trouble de l’ordre public ingérable par la Police. Dans ce cas, il peut la faire interdire. Le pouvoir Judiciaire (juge des référés) valide ensuite que cette interdiction ne contredit pas les libertés fondamentales. En dernier ressort, le Conseil d’Etat tranche.

 

Au départ, le préfet de Loire Atlantique reprend une circulaire de Valls et en fait un arrêté interdisant le spectacle de Dieudonné à Nantes. (Je détaille les arguments ensuite).

Dieudonné saisit donc le juge des référés de Nantes qui est compétent en matière d’atteinte aux libertés fondamentales – en l’occurrence la liberté d’expression. Le juge tranche en sa faveur et autorise son spectacle, dans la lignée des décisions prises dans le domaine depuis plusieurs décennies, considérant que l’interdiction du préfet n’est pas justifiée.

Valls en réponse saisit le Conseil d’Etat qui tranche finalement pour le Ministre de l’Intérieur et le Préfet. Clap de fin pour Dieudonné, la plus haute juridiction vient de rendre son verdict.

 

Voici les arguments de l’Exécutif :

-          Dieudonné est susceptible de prononcer des propos antisémites. Or ces propos antisémites portent atteinte à la dignité humaine.

-          Si des propos portant atteinte à la dignité humaine sont prononcés, dans le climat tendu actuel, un trouble de l’ordre public peut s’ensuivre.

-          Si un trouble de l’ordre public s’ensuit, la Police ne pourra pas forcément le contenir.

-          Si la Police considère qu’elle risque de ne pas pouvoir gérer un trouble de l’ordre public, elle est en droit d’interdire une réunion publique.

 

Le Conseil d’Etat a considéré que :

-          PEUT-ETRE Dieudonné prononcerait-il des propos antisémites. (Il avait pourtant déclaré renoncer à ses propos antisémites pour le spectacle du soir).

-          PEUT-ETRE que ces propos antisémites entraîneraient un trouble de l’ordre public. (Aucun trouble de l’ordre public ne s’est produit dans l’histoire des spectacles de Dieudonné).

-          PEUT-ETRE que ce trouble de l’ordre public ne pourrait pas être géré par la Police. (Celle-ci maintient l’ordre pour des manifestations de 1 000 000 de personnes mais déclare qu’elle ne pourrait pas forcément le faire pour le Zénith de Nantes et ses 5000 spectateurs).

-          Et qu’il valait donc mieux laisser le préfet interdire le spectacle.

 

Cela fait beaucoup de « peut-être » et finalement, une raison bien mince et tirée par les cheveux d’annuler le spectacle de Dieudonné. Celui-ci a été interdit parce que des propos antisémites étaient SUSCEPTIBLES d’être prononcés. C’est une condamnation a priori, sans que l’infraction n’ait encore été caractérisée. Retenez ce point, c’est important.

 

Le Conseil d’Etat étant la plus haute juridiction dans le domaine, sa décision fait désormais jurisprudence.

 

La conséquence est la suivante : Le pouvoir Exécutif a désormais avec lui une Jurisprudence qui lui permet de faire interdire n’importe quelle réunion publique au motif que des propos portant atteinte à la dignité humaine POURRAIENT y être prononcés, pouvant ainsi générer un trouble de l’ordre public que la Police ne pourrait pas contenir. L’interdiction se fait a priori, même si aucun fait illégal ne s’est jamais produit en marge des réunions interdites.

Le pouvoir Exécutif (Manuel Valls par exemple) peut donc décider SEUL d’interdire des réunions publiques, en prétextant, sur son seul jugement, qu’un trouble de l’ordre public peut s’y produire, et que la Police ne pourrait pas forcément y faire face.

Les conséquences possibles sont infinies :

-          Valls peut par exemple faire interdire une manif pour tous, en prétextant que des propos homophobes seraient susceptibles de s’y tenir.

-          Le gouvernement peut faire annuler un meeting d’un parti politique d’opposition, en prétextant que des propos racistes pourraient y être tenus.

-          Ils peuvent interdire le spectacle de n’importe quel comique, au motif que des propos antisémites ou dégradants pourraient y être prononcés.

-          Etc.

 

Je ne dis pas que la grande dictature est en marche, et que ce pouvoir va être utilisé à outrance. J’en dis que la porte est désormais ouverte, et que l’ouverture de cette porte marque un recul de notre état de droit. Philippe Bilger parlait de « Démocratie amputée » – j’aime le terme.

 

Derrière l’overdose Dieudonné, et derrière les histoires de coucheries de Hollande, c’est un vrai recul démocratique, très important, qui s’est déroulé.

 

En conclusion, je dirais que les sujets de conversation dans les chaumières sont tellement pitoyables de nos jours que les français méritent de se faire violer par leur gouvernement. Celui-ci a raison de jouer sur leur manque de culture et leur manque d’intelligence. Le PS est la preuve que ce cynisme est efficace pour arriver au pouvoir.

Quand je vois qu’un coup de poignard fiscal passe dans l’indifférence générale, et qu’un recul démocratique n’émeut personne, je me dis que cela va continuer un moment…

(Et pour ceux qui ne veulent pas lire, une vidéo ou Dieudonné montre qu’il est drôle : Image de prévisualisation YouTube )

Stratégie Suicide

Créé par le 14 déc 2013 | Dans : Non classé

 

Promis, je fais court. Commenter la vie politique me fatigue de toutes manières, ces temps ci… Du coup, pas de démonstration sur 5 pages ce coup ci…

 

Hier, un mystérieux rapport sur l’intégration, commandé par Matignon, est curieusement apparu sur internet et dans les médias, déclenchant une levée de boucliers massive. Les conclusions de ce rapport sont sulfureuses : reconnaissance de la part orientale de la culture française, autorisation du voile à l’Ecole, reconnaissance des exigences linguistiques, etc…

De telles conclusions sur un sujet si sensible ont poussé François Hollande à démentir immédiatement l’application de ces recommandations. Vu le nombre de couteux rapports qui finissent à la poubelle chaque année, on peut le croire. Mais la stratégie reste grossièrement visible : jouer les pompiers pyromanes, en faisant grimper le Front National, et en se présentant comme la réponse à un problème qu’on a créé nous-mêmes.

 

Dans mes articles datant du temps de la Présidentielle, je me disais que la faiblesse de Hollande et l’incompétence économique du PS porteraient le FN à un niveau record si il était élu, et je ne me suis pas trompé. Mais j’avoue que je ne m’attendais pas à voir le PS renforcer le parti d’extrême droite de manière si volontaire.

Faire grimper le Front National est une accusation qu’on porte sur le PS depuis 30 ans, mais la ficelle a rarement été aussi visible. On a eu l’instrumentalisation du racisme dont est victime Christiane Taubira. Je ne refais pas le débat ici. Puis on voit un rapport, destiné au premier ministre, qui étrangement ne reste pas confidentiel, et vient allumer un nouveau brasier identitaire.

Pendant ce temps, le PS, qui constate des résultats économiques et sécuritaires désastreux, a choisi de tout miser sur la morale. Les exemples sont nombreux : Meetings antiracistes, loi sur la pénalisation de la prostitution, intervention en Centrafrique, débats sur le travail des femmes, chartes distribuées à l’Ecole, etc… J’en oublie sans doute, mais je retiens par exemple qu’aucune loi visant à réduire le chômage n’a été votée depuis la mise en place de la pitoyable boite à outils (Emplois d’Avenir, Contrats de Génération, CICE et BPI).

Le PS, dépassé sur tous ses flancs, essaie un coup de poker trop gros pour lui…

Stratégie suicidaire, car si faire grimper le FN marche à merveille, se poser en garants de la morale est loin d’être acquis, après les affaires Cahuzac, Guerini, Fédé du Pas de Calais, Kaltenbach, etc…

 

En face de cela, la complaisance des médias vis-à-vis de Marine Le Pen (bonne cliente) et les errements de l’UMP, incapables de s’unir, terminent le travail.  Ces deux sujets mériteraient un article à part entière, mais je vous perds déjà. Je voulais juste illustrer par des exemples la stratégie du PS : faire grimper le FN et se poser en garants de la « Morale Républicaine ».

Quand les garants de la morale font justement preuve du cynisme le plus honteux…

Pourquoi tant de haine ?

Créé par le 30 avr 2013 | Dans : Non classé

Aux retardataires de Top Chef, je révèle le gagnant, alors fuyez.

Aux autres, lisez feignasses. Je fais bref ce soir.

Et oui, c’est bien mon sujet du soir !

Mais c’est un sujet sérieux aussi.

 

 

Hier, Naoëlle a gagné.

Ca a l’air d’agacer au plus haut point, à en croire les commentaires assassins sur Twitter et Facebook. J’ai rarement vu quelqu’un déchainer autant de passions négatives en aussi peu de temps, et fédérer aussi fortement contre elle. Elle est actuellement victime d’un lynchage assez impensable pour une émission de cuisine.

Il est évident que la TV a orchestré cette haine, d’un certain point de vue, en présentant peu ou prou le même casting que l’an dernier, avec un étoilé (Cyrille / Naoëlle), un autodidacte (Jean / Florent), et un marrant (Norbert / Jean Philippe). Mais ils n’auraient pas trouvé de quoi fabriquer une image aussi négative si elle ne leur avait pas fourni autant de matière première.

Je crois surtout que cette haine anti Naoëlle cache quelque chose de plus profond, et plus grave.

 

Des commentaires assassins, je retiens deux points de friction :

-          La popularité de son adversaire du jour : Florent

-          Son comportement

 

Sur la popularité de Florent d’abord. De mon point de vue, il me semble qu’il a correctement préparé son passage à la TV pour assurer une image lisse et consensuelle, devant faire briller son restaurant, même en cas de défaite. Mission accomplie : il a montré un comportement assez exemplaire en deuxième partie de concours, bradant souvent le côté compétition pour le côté entraide et solidarité avec les autres concurrents. Du coup, il est rapidement devenu le chouchou du public. Il n’a pas hésité non plus, pour son image, à avancer le côté paysan, roots, autodidacte, abandonné par les banquiers, qui lutte noblement pour défendre son terroir et l’amour de la nature. Bref, un vrai chevalier blanc. Tout cela sonnait bien trop préparé, bien trop marketé pour moi, mais passons… Son image a pris.

 

En face on a eu un contraire presque parfait. Durant tout le concours, Naoelle, seconde dans un grand palace parisien, s’est présentée comme une battante, prête à tout pour gagner, omnibulée par la victoire. Elle avait un avantage technique certain en bossant elle-même dans un 3 Etoiles. Mais quelle horrible personnalité !

Agaçante sur les pleurs déjà, omniprésents, nous rappelant cette relou au collège, qui sortait de chaque exam en ayant tout foiré, mais qui chopait 18 quand même.

Sur le côté égoïste ensuite, ayant été aidée à chaque épisode, par à peu près tout le monde, mais n’ayant aidé personne elle-même – au contraire. (La vidéo plus bas m’amuse pas mal d’ailleurs…)

Sur le côté tricheuse enfin, quand elle n’hésite pas à ouvertement copier l’idée du voisin, ou voler des ingrédients qu’elle avait oublié de prendre.

Je ne remets pas une couche sur son accent de racaille, son mépris des autres durant toute la compétition, ses coups bas…

Bref, une vraie image, de morte de faim, sans éthique et sans morale, pour qui la fin justifie les moyens, et qui n’a montré aucune qualité humaine remarquable.

 

Et à la fin elle gagne. (Avec un menu incroyable il faut l’avouer : Carpaccio de St Jacques, Poulet Roti et Riz au Lait).

Tant pis devrions nous dire.

Mais un « tant pis » ne se traduit pas par un déferlement de haine violente aussi outrancier sur Facebook et Twitter.

 

Je pense que la Crise entre en compte dans notre histoire.

La crise économique poussait le public vers Florent, qui lutte comme il peut pour faire tenir l’auberge familiale. Il nous reste aussi un peu de relents anti riches, hérités de la Présidentielle, qui nous font aimer les gagnants pauvres, mais pas les gagnants de Palace.

La crise politique et morale entre en compte aussi, les français ne supportant finalement pas de voir quelqu’un d’égoïste, de tricheur et d’immoral, l’emporter. C’est un sentiment d’injustice criant qui ne laisse finalement aux français que facebook et twitter pour exprimer leur blessure.

 

Car à la base, la TV est un échappatoire, une soupape de bien être, ou les gentils gagnent, ou les policiers arrêtent les criminels, ou les médecins acariâtres ne sont méchants que pour le bien des patients, et ou les Serial Killer peuvent l’être pour d’excellentes raisons.

Personne n’a plus envie de voir dans sa TV, dans son refuge, toutes les dérives morales de notre société, et surtout, personne n’a envie de les voir triompher.

Oui, je pense qu’au-delà de Naoëlle, les français commencent à saturer réellement de la tournure que prend notre société. Ce qui s’exprime contre cette femme, c’est la haine de notre pays, la colère sociale profonde et déchirante qui suit les mensonges de la dernière Présidentielle.

Les signes sont nombreux, entre le grand retour de l’homophobie dans l’espace public, la montée du FN, ou encore le déversement de commentaires haineux sur tout ce qui permet d’en laisser.

 

Je prends cette haine anti Naoelle comme un signe avant-coureur de problèmes sociaux beaucoup plus graves. L’explosion est proche, je le crains. Je pensais que l’effondrement économique précèderait l’effondrement social, je me trompais peut être…

 

 

 

 

(N’empêche qu’elle les a quand même volées, les crevettes de Yoni…)

 

 

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On croit rêver…

Créé par le 10 avr 2013 | Dans : Non classé

Mes articles sont rarement des pièces de collection journalistiques, mais pour le coup, je me sens bien motivé, ou bien assez remonté, pour écrire un vrai billet d’humeur…

Depuis l’affaire Cahuzac, la mode est à la moralisation de la vie politique. C’est le nouveau leitmotiv, le mot à caser, la priorité nationale. Et pourtant, je n’ai jamais vu de politique aussi immorale.

 

Commençons par Cahuzac, dont les compétences techniques reconnues se sont avérées découler plus de l’expérience pratique de la fraude que de la maitrise théorique qu’on lui prêtait. Après le ministre du budget qui planque son argent en Suisse, va-t-on trouver des putes chez la ministre du droit des femmes ? Du shit chez le ministre de l’intérieur ? Va-t-on voir la ministre de l’écologie rouler en 4×4 dans Paris pour acheter son pain ? Verra-t-on le ministre de la famille faire une pub pour la Fistinière tout de cuir vêtu ? Ou peut s’arrêter la connerie quand le ministre du Budget, en charge de la lutte contre la fraude fiscale, planque lui-même 15 millions à l’étranger ? Ou peut s’arrêter la connerie quand le président assurait ne rien savoir, se présentant lui-même comme dépassé, idiot, benêt, naïf, ou tout cela à la fois ?

De beaux aveux de Cahuzac d’ailleurs, qui ne sont intervenus que partiellement, occultant une partie de la vérité, juste la veille du jour ou l’enquête l’a coincé pour de bon. Quand un geste de courage s’avère n’être qu’un geste inéluctable, le peu d’honneur qui restait s’évapore pour de bon.

 

Et si l’affaire s’était arrêtée là… Mais à la connerie ont  succédé les plus jolis coups de pute de ces 20 dernières années. Au moment où Cahuzac a commencé à sombrer, il a pu compter sur le soutien du PS et du gouvernement, qui se sont magnifiquement désolidarisés de lui en le bannissant, puis en jetant sur lui l’opprobre et la vindicte populaire.

La moralisation commence par soutenir les amis qui sont dans le besoin, et ne pas les trahir, ni les enfoncer, au moment où tout s’écroule autour d’eux. Ce qu’ont fait les socialistes à Cahuzac compte parmi les coups les plus dégueulasses que j’ai pu voir dans ma vie. Et pourtant, l’épisode de la fête de Dray, ou les ténors socialistes ont cherché à éviter leur « ami » DSK comme la peste, était déjà d’une puanteur morale extrême.

 

Mais naturellement, notre président et son parti de tocards sont bien assez idiots pour remettre 100 balles dans la machine quand il serait besoin d’éteindre l’incendie.

Pèle mêle :

-          Harlem Désir a proposé un referendum sur la moralisation de la vie politique. Les opposants au mariage gay, qui réclament un referendum depuis 6 mois, apprécieront. Une proposition idiote de la part d’une personne plusieurs fois condamnée par la Justice, pour abus de bien sociaux notamment. Mais une faute morale aussi, quand on cherche à se dédouaner de ses responsabilités en tentant de reprendre la main par une mesure populiste. Ce referendum d’ailleurs me rappelle les plébiscites organisés par Napoléon 3 dans les années 1848, visant uniquement à sortir renforcé des questions posées au peuple, auxquelles la seule réponse valable est celle prônée par le populiste. Qui voterait contre une moralisation de la vie publique ? Je vais voter pour continuer à engrainer des connards tu penses ? Est-ce ainsi que Hollande espère reprendre la main ? Pense-t-il faire oublier le chômage par ces mesures poujadistes ? Pense-t-il qu’on oubliera qu’il a choisi et nommé Cahuzac lui-même ? Pense-t-il qu’on oubliera qu’Ayrault lui-même a été condamné par la Justice ?

 

-          Les politiques commencent à publier leurs patrimoines. Peut-on imaginer plus idiot que d’organiser pendant toute une campagne une véritable croisade haineuse contre les riches, puis montrer à la face du monde à quel point nos dirigeants le sont ? Et si Cahuzac avait publié son patrimoine d’ailleurs, le fameux compte en Suisse planqué serait-il apparu ? Quand comprendront-ils que c’est notre misérable patrimoine qui nous inquiète, et non le leur ? Que les idiots qui ont publié leur patrimoine se ressaisissent et ne se soumettent pas aux sirènes du populisme. Dans notre pays, il ne peut en sortir que défiance et jalousie, du fait même de notre rapport honteux à l’argent et à la réussite, qui nous plonge année après année dans les méandres de la médiocrité.

 

-          Hier sur BFM, Yann Galut, député PS, encourageait une pratique radicale pour lutter contre la fraude fiscale : la délation. Est-il besoin d’en dire plus ? Quand un sport national honteux devrait devenir une fierté, on se rassure de ne pas être en France occupée.

 

La moralisation de la vie politique a totalement disparu depuis qu’on en parle. Populisme, Poujadisme, affaires, mensonges, langue de bois, trahisons, haine… Jamais on n’a vu de tentatives aussi misérablement ratées pour reprendre la main sur une opinion publique dont la colère n’est plus cachée. Si Hollande prend le risque de sortir de l’Elysée, il verra ce qu’il a fait de la France. Et qu’il ne se trompe pas : nous vomissons ses mensonges, et plus personne ne se contentera d’autre chose que des résultats, des résultats concrets. Qu’il range sa boite à outils et qu’il sorte les grands outillages, pour de bon. On n’est pas au bac à sable, ce n’est pas d’une pelle et d’un seau dont on a besoin.

 

S’il souhaite moraliser la vie publique, il va devoir appliquer réellement quelques valeurs phare, comme le respect (antisarkozysme primaire à bannir pour de bon), la loyauté, le courage et la fierté. Il ne s’agit plus de parler, il s’agit de convaincre, de donner l’exemple. Prendre le TGV quand bobonne et les enfants prennent l’avion ne suffira pas.

Dans les mesures immédiates à appliquer, il convient de forcer les députés à justifier l’utilisation de leur indemnité de 6000 €uros, normalement versée pour couvrir des frais, et qui, actuellement, ne fait l’objet d’aucun contrôle. (577 députés x 6000 €uros x 12 mois = 41 544 000 €uros par an dépensés de la sorte, sans aucune supervision). Dans le même ordre d’idée, les hauts fonctionnaires, ministres, et leurs cabinets, doivent tous être soumis à des forfaits sur notes de frais, au-delà desquels les dépenses devraient être prises sur leurs deniers personnels, car nos impôts n’ont pas vocation à payer des gueuletons quotidiens à nos représentants.

Un passage obligatoire dans le secteur privé serait un plus essentiel pour des hauts fonctionnaires, députés, et ministres, qui n’ont aucune idée de son fonctionnement, et des contraintes y afférentes. Dans le privé, on mérite ce qu’on dépense, et la difficulté à le gagner et le garder font de l’argent une ressource à laquelle on fait attention. Que l’esprit du privé les imprègne, ces rois de la gabegie.

Instaurer des jours de carence pour l’absence des fonctionnaires me parait inévitable. Le traitement de faveur accordé sur ce point est immoral, car injuste, et soumis à abus. On n’oublie pas le coût que cela implique.

Et bien entendu, un discours de vérité devra, tôt ou tard, être porté, mais connaissant le bonhomme, je n’espère même pas.

 

Je remercie toutefois Hollande pour une chose. Autrefois, les repas de famille étaient animés et les débats houleux. Aujourd’hui, tout le monde est d’accord autour de la table, et si la colère gronde, elle n’est pas dirigée contre nos proches… C’est très inquiétant, mais c’est reposant…

 

 

Auditeur / Commissaire aux Comptes

Créé par le 02 mar 2013 | Dans : Non classé

Je suis un peu comme Chandler Bing finalement, je fais un métier que peu connaissent, et que peu saisissent. En fait, on finit généralement par m’appeler « le comptable », ce qui, pour un mec évoque calvitie,  bidoche, et taille crayons… En tant que sex-symbol (obv), je me dpos de rompre un peu cette image en essayant de raconter ce que je fais au quotidien, en termes clairs.

En termes soutenus, et donc nébuleux, mes missions principales sont de de certifier que les comptes annuels présentés par nos clients sont corrects, de vérifier la légalité des opérations associées, de détecter au sein de ces entités des risques de fraude, de blanchiment et de financement du terrorisme, et de prévenir leurs difficultés à venir. Pour cela, j’adopte une approche par les risques, découlant de ma connaissance de l’entité et du marché dans lequel elle évolue. Truc de ouf hein !

Si je présente mon métier comme ça, je me prends encore 10 ans de « comptable » dans les dents.

Tentons de clarifier par un exemple.

 

Pour nos clients, établir des comptes annuels, c’est comme fabriquer des biscuits.

Imaginons une petite entreprise qui fabrique des biscuits. Elle possède une grosse machine, dans laquelle elle met ses ingrédients, et d’où sortent des biscuits de différentes formes. Ma mission première consiste à vérifier que les biscuits sortent tous à la bonne forme – ou peu s’en faut.

La première approche, dite approche des berlouls, consiste à passer tout notre temps disponible  à regarder un maximum de biscuits finis, pour vérifier si on ne trouve pas trop de biscuits foireux dans le tout. Certains dans ma profession travaillent comme cela. Tant qu’ils ne trouvent pas trop de biscuits foireux, ils valident. Sinon, ils paniquent.

La deuxième approche, recommandée, préconisée, et appliquée par les mecs à l’aise, consiste à comprendre le fonctionnement de la machine pour nous assurer qu’elle ne peut pas sortir de biscuits foireux, ou identifier clairement les cas où elle pourrait en sortir.

Du coup, on se renseigne sur ces machines en général, sur comment elles fonctionnent, sur ce qu’on y met,  sur les pannes connues, etc… On teste le bon fonctionnement des rouages, de la presse, des moules, des tapis roulants, etc…

Une fois qu’on a compris comment fonctionnait la machine, on isole des points forts, par exemple que les rouages sont en titane et ne cassent jamais, et des points faibles, par exemple que la farine à tendance à gripper le mécanisme de la presse.

On propose alors nos recommandations pour corriger les points faibles, et le gros travail est fait. On a ici une machine testée, dont les points forts ont été validés, et les points faibles corrigés. On considère alors que les biscuits ne peuvent sortir que correctement. Naturellement, on va aussi vérifier quelques lots de biscuits pour vérifier qu’effectivement tout va bien au final.

L’avantage, c’est qu’en connaissant la machine, si on identifie un lot foireux de biscuits, on peut l’expliquer et chiffrer.

Exemple : 3 mois après avoir testé la machine, on se rend compte que plusieurs biscuits en forme d’étoile sont foireux. Grace à notre connaissance de la machine, on va directement voir les moules, et on arrive rapidement à la conclusion qu’un des cinq moules étoile de la machine est cassé. Chiffrage facile : 1 biscuit étoile sur 5 est foireux. Pas besoin de tous les compter pour le savoir.

Il est aussi possible qu’on teste quelques biscuits au hasard, qu’on ne tombe que sur des bons, alors que le problème sur les biscuits étoile est bien présent. C’est pourquoi on certifie les comptes des clients avec une assurance raisonnable, et non une assurance absolue.

 

Pour la comptabilité de nos clients, c’est la même chose. On vérifie comment ils travaillent, quels logiciels ils utilisent, ce que vaut leur manuel de procédures, etc… Le but est d’arriver à une bonne connaissance de l’entité et des mécanismes d’établissement de sa comptabilité. A la fin, on lance quelques séries de tests pour vérifier que tout est en ordre, et si tout va bien, on valide. (Les biscuits sont juste remplacés par des comptes annuels : bilan, compte de résultat, annexe, rapport de gestion…)

L’approche est la même pour prévenir la fraude et le blanchiment. On valide qui fait quoi, qui a des droits sur quoi, qui peut modifier quoi, qui peut payer au titre de la société, etc… On lance quelques séries de tests spécifiques, et si tout va bien, on valide. Sinon, on en parle avec le Procureur de la République.

Pour la prévention des risques, c’est un brin différent.  Toutes les informations que l’on a réunies en transversal, et un peu de contrôle de gestion, nous permettent de valider que l’entreprise n’est pas destinée à couler dans les mois à venir. Sinon, on prévient les actionnaires et le tribunal de commerce pour éviter que cela n’arrive.

Je vous épargne les côtés techniques et les missions annexes, mais en termes clairs, c’est à peu près cela, mon métier.

 

Défendus ?

Créé par le 26 jan 2013 | Dans : Non classé

Hier matin, Goodyear annonçait la probable fermeture, en 2014, de son usine de pneumatiques d’Amiens, qui embauche 1250 salariés. Du coup on reverra Montebourg nous promettre un repreneur, puis apporter les croissants, avant de presque démissionner… Je ne vous refais pas le match. Je ne vous refais pas non plus les histoires de coût du travail et de mondialisation, je vous rassure de suite.

Je voudrais juste attirer l’attention sur un aspect un peu particulier du dossier, et assez éclairant sur le rôle des syndicats dans cette histoire.

La maison mère Goodyear possède deux usines de pneumatiques voisines, à Amiens : une usine Goodyear (Amiens Nord), et une usine Dunlop (Amiens Sud).

En 2007, les dirigeants de ces usines battant de l’aile ont proposé à leurs salariés une réorganisation du travail, dite des 4×8. Sans entrer dans les détails, la réorganisation était désavantageuse pour les salariés, désorganisant totalement leurs horaires entre le jour et la nuit, et les privant d’un certain nombre de week-ends. En échange, des hausses de salaires, des primes, et un contingent de RTT supplémentaires, étaient proposés. Par ailleurs, des conditions de production et de qualité étaient posées pour débloquer un certain nombre d’investissements productifs.

Les syndicats CGT d’alors ont refusé catégoriquement ces accords.

Quelques débats plus tard, les syndicats de Dunlop ont désavoué leur direction pour signer les accords, se faisant bannir de la CGT pour créer une section UNSA. De leur côté, les Goodyear ont décidé de continuer la « lutte », se mettant en scène aux coté des salariés Continental, organisant des blocages, multipliant les grèves.

Quelques années plus tard, et après plusieurs refus de plans sociaux par la Justice, la maison mère investit dans Dunlop, et propose de fermer Goodyear, dont les syndicats n’ont jamais signé les accords proposés.

Demain, les salariés de Dunlop auront la possibilité de chercher un travail ailleurs, qui leur convienne mieux, tout en ayant déjà un travail et des revenus fixes, en attendant.

Demain, les salariés de Goodyear auront l’obligation de chercher un travail ailleurs, qui leur convienne ou non, sans avoir plus de revenus que leurs allocations chômage, pour un temps, puis le RSA, ensuite.

Ce fringant délégué syndical CGT qui s’agite aujourd’hui dans notre poste n’a pas tout à fait tort quand il parle de patrons voyous, bien qu’en moyenne aujourd’hui, Goodyear perdre 50€ par pneu sorti. Il n’a pas tout à fait tort non plus quand il remet François Hollande devant sa promesse d’interdire les licenciements de compétitivité, que Normal avait proposé sur leur propre site.

Mais il occulte le fait que par dogmatisme, la CGT a toujours refusé la négociation, et que ceux qui en paieront le prix seront les salariés de Goodyear, qui ont fait confiance à un syndicat plus intéressé par son image globale que par le pragmatisme nécessaire à faire tourner Goodyear.

Un nouvel espoir ?

Créé par le 04 jan 2013 | Dans : Non classé

Je commence à atteindre un nombre conséquent de billets d’humeur publiés ici, et ils tendent tous vers le constat de l’effondrement inexorable de notre pays. Le déclin est économique, social, moral, politique, intellectuel… Les causes en sont si nombreuses, sur tous les sujets, qu’il me faudrait un livre complet pour tenter d’y répondre.

Qu’on croie à ce déclin ou non, il faut bien admettre que la conséquence qui l’accompagne classiquement est bien présente chez nous, à savoir une montée des extrêmes (plus de 30% à la dernière Présidentielle, et deux députés FN aux dernières législatives).

Je pourrais creuser sur Mélenchon, mais il a signé son propre arrêt de mort en appelant à voter pour Hollande, sans condition, en mai dernier. Il ne nous fera pas oublier de sitôt qu’il est complice de son élection. Je gage par ailleurs que ses idéaux communistes, dogmatiques et dépassés, ne font même plus vibrer ses électeurs blasés.

J’esquive savamment les autres partis d’extrême gauche qui n’ont plus aucune importance.

En revanche, du côté du FN, on se déchaine. Omniprésents sur internet ou dans les autres médias, le FN et sa vague Bleu Marine font vibrer. La désastreuse gestion du pays par le PS, sur tous les aspects, et la catastrophique élection du président de l’UMP, rendent prophétique cette trouvaille géniale du concept « UMPS ».

Il me parait évident que le FN va se renforcer dans les années qui viennent, gagner quelques mairies, et atteindre le second tour de la prochaine présidentielle. Marine Le Pen est devenue un véritable Messie, poussée par la médiocrité des politiques alentours.

Je me demande quand ses fans reviendront sur Terre…

-          Ils critiquent Hollande d’être arrivé au pouvoir non pas par un vote d’adhésion à sa cause, mais par un vote sanction contre Sarkozy, ce qui est tout à fait vrai. Mais que le FN se présente comme le parti « anti système », pour qui voter quand l’UMPS agace ne les dérange pas plus que ça ?

 

-          Ils pestent contre ce président qui n’est pas capable de faire mieux que de l’antisarkozysme primaire, sans tiquer sur le fait que Marine Le Pen fait exactement la même chose, contre quiconque possède un minimum de pouvoir…

 

-          Ils accusent Hollande de sectarisme, de népotisme, et de petits arrangements entre amis, ce qui est parfaitement recevable. Mais que le FN soit un parti dynastique, une PME qui se repasse de père en fille, et maintenant petite fille, ne semble pas les titiller outre mesure.

 

-          Ils tapent à bras raccourcis sur le manque de visibilité de notre président sur la scène internationale, et on ne peut qu’approuver quand on voit qu’après Cameron, Merkel, et Bouteflika, c’est Poutine qui vient ouvertement de se foutre de lui en donnant un passeport à Depardieu. Mais voter pour une candidate dont le parti est marginal dans toutes les institutions européennes nous donnerait plus de visibilité selon eux ?

 

-          Et naturellement, ils mettent en avant le terrible manque d’expérience de Hollande, qui n’avait jamais approché de conseil des Ministres auparavant. Gonflé pour une candidate qui n’a jamais approché ne serait-ce qu’un siège de Député à l’Assemblée Nationale, ou même une Mairie.

 

Deux poids deux mesures…

La dernière fois que les français ont voté avec leur haine, ils ont remplacé Sarkozy par une troupe d’incompétents majeurs menant notre pays droit dans le mur. Qu’est ce qui leur fait croire que Le Pen pourrait faire mieux, alors qu’elle a encore moins d’expérience, et moins de talents pour l’entourer ?

Que nous prépare-t-elle si elle atteint le pouvoir ? Nous sortir de l’Europe ? Nous sortir de l’euro ?

L’argument selon lequel la BCE nous confisque presque totalement notre politique monétaire n’est pas idiot à première vue, mais il s’appuie sur un mythe de l’argent gratuit, ou une Banque Centrale Nationale pourrait prêter à taux zéro à son Etat, sans aucune conséquence. Marine Le Pen occulte systématiquement que dans ce cas, on en reviendrait à faire marcher la planche à billets, créant une inflation, c’est-à-dire une hausse généralisée des prix, galopante. Je ne crois pas que lutter contre l’inflation, qui est l’objectif de la BCE, soit un objectif idiot en ces temps de contraction des revenus. Par ailleurs, l’idée qu’un Etat doive arrêter de vivre au-dessus de ses moyens rentre peu à peu dans les esprits, et c’est tant mieux.

L’Europe n’est pas la cause de tous nos maux. Elle part du constat qu’on échange plus avec les pays voisins, et a mis en place les conditions permettant de le faire plus facilement, et de manière plus sécurisée. Elle n’est pas responsable si nos dirigeants n’ont pas pris les décisions qui s’imposaient, quand le changement d’environnement aurait exigé d’orienter notre production pour l’export, au lieu de nous reposer sur nos lauriers. Les pays voisins qui ont misé sur les exportations tirent profit de l’Europe. Nous sommes passés totalement à coté, et nous ne pouvons-nous en prendre qu’à nous-mêmes.

Une fois dit cela, on a fait le tour, ou presque des idées économiques du FN. Le reste n’est que débats sociétaux sur l’immigration, la sécurité, ou le mariage gay, qui paraitront importants aux gens qui ont un travail, et qui peuvent payer leur repas. Les autres sauront que les vraies préoccupations sont économiques, ce que le FN cherche à systématiquement faire oublier. Avoir un travail, avoir de quoi nourrir sa famille, voilà les préoccupations réelles. Qu’on m’assure cela et je verrai si la viande hallal ou l’orientation sexuelle de mon voisin me dérange…

Bref, tout ces espoirs reposent sur du vent, des mensonges, des grands airs… Le FN n’est que rhétorique bien huilée, visant à créer des amalgames faciles, générer la confusion autant que possible, tirer les débats vers le bas, jouer la carte de la haine. On voit pourtant très clairement depuis 8 mois, sur tous les sujets, des différences notables de philosophie et de politique entre l’UMP et le PS, ce qui n’empêche pas le FN de continuer à tenter de créer systématiquement l’amalgame entre les deux.

Ils auraient tort de s’en priver. Les dirigeants FN ont trouvé la recette permettant de faire un gros score à chaque élection, engranger les millions en famille, sans pour autant avoir à exercer le pouvoir, ce dont ils ne seraient de toute manières pas capables.

Je me lasse de voir que tant de français se font encore berner…

 

 

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